Vision, défis, opportunités : un survol
Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Fort McMurray et à sa communauté francophone.
Main-d’œuvre de la région
Les qualifications et la formation nécessaires pour participer activement à l’économie de la région de Fort McMurray, varient selon le secteur d’activités. Alors qu’une formation de base est acceptée pour certains emplois, d’autres exigent une formation plus spécialisée.
Dans la région de Fort McMurray, les moyens de recrutement du personnel les plus souvent utilisés sont :
- Les annonces dans les journaux canadiens
- Les annonces sur l’Internet
- L’école francophone
- Le bouche à oreille
- Le centre d’emplois
Les entrepreneurs en construction disent se présenter à l’Armée du Salut le matin et embaucher des individus qui sont libres et intéressés à travailler. Les commerces déplorent un très important roulement de main-d’œuvre, élément causé par la proximité des compagnies pétrolières qui peuvent et offrent un salaire beaucoup plus élevé. Bref, un manque de main-d’œuvre est confirmé dans tous les domaines.
La majorité des nouveaux arrivants provient du Nouveau-Brunswick et du Québec et une petite proportion des nouveaux arrivants vient de l’Afrique, de l’Europe et des États-Unis. Ces gens ont su qu’il y avait de belles opportunités d’emploi dans la région de Fort McMurray et arrivent, bien souvent mal préparés à l’actualité de la place.
Une bonne partie des nouveaux arrivants ne parlent pas l’anglais, faisant en sorte que le sous-emploi est prédominant parmi eux. Des organismes de services pour les nouveaux arrivants confirment une augmentation de 245% de leur clientèle au cours de la dernière année. Ainsi, leur main-d’œuvre n’est pas suffisante pour offrir la gamme de services nécessaires à l’intégration des nouveaux arrivants.
Présence du français en milieu de travail
Le français est de plus en plus utilisé comme langue de travail et comme langue de communication avec les clients au sein de plusieurs entreprises. Les emplois dans différents commerces de la région servent de premier emploi à ceux qui arrivent de l’extérieur de la province, qui ne parlent pas l’anglais et qui désirent l’apprendre pour passer à autre chose.
Formation de la main-d’œuvre
La formation de la main-d’œuvre est un dossier considéré important dans les entreprises et les organismes de la région de Fort McMurray. Dans certains secteurs d’activités, la formation est offerte à l’interne et pour la formation à l’externe, les institutions doivent souvent envoyer leurs employés à Edmonton. On souligne un manque important de formations pour les enseignants, les aides enseignants ainsi que les secrétaires, mais les opportunités de formation sont insuffisantes dans tous les domaines et la formation en français est pratiquement inexistante. De plus, bien que des cours d’anglais soient offerts gratuitement aux immigrants venant d’autres pays, ces cours ne sont pas gratuits pour les Canadiens. Ces derniers n’ont cependant pas toujours les moyens financiers de défrayer les coûts de cette formation.
Les institutions suivantes offrent de la formation dans la région ou à proximité de Fort McMurray :
- Le Conseil scolaire Centre-Nord
- « Fort McMurray Regional Business Centre »
- « Academy for mathematics and sciences »
- « Keyano College »
- « Apprenticeship Career Training »
- « Rehabilitation Career Center »
- « Lokken Career Training »
- « Northern Alberta Institute of Technology » (NAIT)
- « Institute of Chartered Accountants »
- Les organismes communautaires
Services aux entreprises
Dans la région de Fort McMurray, les organismes suivants offrent des services aux entreprises :
- Le Conseil de développement économique de l’Alberta (CDÉA)
- L’Association canadienne-française de l’Alberta
- Fort McMurray Regional Business Centre
- La Chambre de commerce de Fort McMurray
- Franco Job
Les entreprises de la région de Fort McMurray ont difficilement accès à des services d’appui en français. Les organismes qui offrent des services en français sont présentement débordés et, leur personnel étant insuffisant et nouveau, le temps leur manque pour développer des partenariats avec d’autres organismes de la région. Il faudrait promouvoir et accroître la visibilité du CDÉA dans la région.
Les organismes concertés ont rapporté le besoin d’un intermédiaire entre la région et les provinces de l’Est afin que les gens qui déménagent dans la région soient mieux préparés et puissent fonctionner adéquatement en arrivant (bilinguisme et formation). En outre, un manque de service d’appui est confirmé pour le développement des ressources humaines, la formation, la promotion du français et les droits de la personne. Un appui aux organismes dans leurs démarches auprès des gouvernements serait apprécié.
Priorités d'actions
Située sur la plus grande réserve de sable bitumineux au monde, la région de Fort McMurray est dotée d’une très bonne économie. Ses forces se retrouvent surtout dans les industries pétrolière, gazière et commerciale ainsi que dans les secteurs de la construction, de la foresterie et du tourisme.
Néanmoins, la région de Fort McMurray a des défis de taille à relever pour favoriser sa croissance économique. La pénurie de main-d’œuvre et le manque de logements sont les principales faiblesses de cette région. En outre, il y a un manque de programmes d’emploi et de formation ainsi qu’un nombre insuffisant d’employés pour gérer ce type de programmes. Un roulement de personnel constant fait en sorte que les progrès à cet égard sont difficilement atteints.
D’autres défis existent dans les domaines suivants :
- Économie du savoir – La région de Fort McMurray offre des opportunités d’emploi et des salaires très attrayants pour les jeunes, ce qui mène au décrochage scolaire.
- Tourisme – La pénurie de logements nuit beaucoup à cette industrie.
- Intégration des jeunes en affaires – La région de Fort McMurray regorge de jeunes qui veulent travailler surtout dans le secteur pétrolier car les salaires élevés rendent cette industrie plus intéressante et prometteuse que l’entreprenariat.
- Développement rural – L’’industrie agricole n’est pas considérée comme importante dans cette région où l’industrie pétrolière et la construction sont priorisées. Par contre, plusieurs opportunités existent pour le développement rural.
En résumé, les priorités d’actions sont :
- L’intervention auprès des jeunes – Il faudrait sensibiliser les jeunes à l’importance d’une bonne éducation et à la formation aux métiers disponibles dans la région. Aussi, il serait important de développer un partenariat avec les provinces d’où viennent la plupart des jeunes qui veulent travailler dans le domaine pétrolier afin que ces derniers arrivent informés et préparés à la réalité de la région plutôt que de s’aventurer sans formation et sans connaissance de l’anglais. Enfin, il faudrait promouvoir l’entreprenariat auprès des jeunes car les possibilités de réussir en affaires dans la région sont excellentes.
- L’accroissement des opportunités de formation – On souligne que les immigrants provenant d’autres pays ont la chance de profiter de programmes de formation en anglais gratuits alors que les nouveaux arrivants des autres provinces n’auraient accès à aucun programme gratuit. Il serait très important que des cours d’anglais soient aussi disponibles gratuitement pour les nouveaux arrivants canadiens.
Des cours d’anglais liés au travail sont également nécessaires pour les arrivants qui ne sont pas bilingues. De plus, de la formation continue pour le développement des ressources humaines et l’accès à l’éducation postsecondaire devraient être disponibles. Enfin, l’accès aux études postsecondaires en français devrait être amélioré.
- L’accroissement du développement économique – Les principaux acteurs du développement économique de la région sont le Conseil de développement économique de l’Alberta, la Chambre de commerce, le Conseil scolaire du Centre-Nord, le secteur industriel, le secteur privé et plus particulièrement les compagnies pétrolières, les organismes francophones tels l'Association canadienne-française de l'Alberta et le centre d’emplois Franco Job.
Il serait très important d’améliorer les services offerts, la présence du CDÉA et, pour favoriser le développement, de créer un partenariat entre le secteur public, les entreprises privées ainsi que les organismes et les gouvernements.
De plus, il serait primordial de planifier le développement résidentiel, économique, commercial et communautaire de la région ainsi que les infrastructures immobilières. Aussi, les organismes auraient besoin d’aide pour approcher les gouvernements.
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