Vision, défis, opportunités : un survol
Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Vancouver et à sa communauté francophone.
Main-d’œuvre de la région
De façon générale, les employeurs de la région de Vancouver ont un bon accès à une main-d’œuvre qualifiée. L’immigration a joué un rôle important à cet égard, permettant d’accroître le nombre de personnes ayant des qualifications pertinentes. De plus, la population est généralement bien scolarisée.
Il ne semble pas y avoir de défis de recrutement dans le domaine de la haute technologie, dans les secteurs du tourisme et de la restauration / hôtellerie, de même qu’au sein de l’industrie forestière et minière. Cependant, il y a un manque de main-d’œuvre qualifiée dans les domaines de la construction et des métiers.
Les moyens de recrutement les plus souvent utilisés sont :
- L’organisme Éducacentre
- L’Express du Pacifique, journal francophone de la Colombie-Britannique, et autres journaux locaux
- Les centres d’emploi
- Les réseaux informels
Le recrutement de personnes qualifiées et bilingues est toutefois difficile dans la région. Ce processus est généralement très long et souvent très coûteux. La majorité du personnel bilingue n’est pas originaire de la région, mais vient plutôt de régions francophones comme le Québec et de la France. De plus, les Québécois tendent à s’installer dans la région de Vancouver pour quelques années seulement, le temps de terminer leurs études ou d’obtenir une expérience de travail particulière. Toutefois, grâce en grande partie à l’accroissement des écoles d’immersion, il y a de plus en plus d’anglophones provenant de la province qui parlent le français. Ces personnes participent certes à l’activité économique francophone.
Intégration des nouveaux arrivants
Il y a une bonne proportion de nouveaux arrivants dans la région, provenant de l’étranger et des autres provinces canadiennes. La population active est plutôt jeune étant donné cette forte migration inter-provinciale vers l'Ouest.
La reconnaissance des compétences acquises à l’extérieur du Canada n’est généralement pas facile à valider. Il serait important d’enlever les blocages à cet égard puisque les immigrants forment un groupe important de main-d’œuvre. Le sous-emploi est fréquent, particulièrement pour les francophones qui viennent s’installer dans la région. Bien que très qualifiés, s'ils ne parlent pas l'anglais ils ne peuvent pas trouver un emploi dans leur domaine.
L’organisme « La Boussole » fait du travail d’orientation auprès des nouveaux arrivants. De plus, les personnes qui ne peuvent faire reconnaître leurs acquis obtenus à l’étranger peuvent se tourner vers l’organisme « International Credential Evaluation Service » pour de l’assistance. Cependant, la démarche est très longue. La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique et d’autres organismes tel que le Conseil scolaire francophone, RésoSanté et la Fédération des parents francophones de la C.-B. sont aussi impliqués dans le dossier de l’immigration, et font du lobbying auprès des diverses instances politiques.
Présence du français en milieu de travail
Certaines entreprises offrent des services en français pour les clients francophones mais en général, le français est très peu utilisé comme langue de travail dans les entreprises de la région.
Le français est surtout utilisé dans les organismes francophones (comme par exemple, le Consulat général de France, la Maison de la Francophonie de Vancouver, l’Éducacentre et l'Alliance Française), le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique, les cabinets d’avocats bilingues, les centres d'appels, le domaine de la restauration et de l’hôtellerie, le domaine de la traduction, la construction et le tourisme. De plus, certains services gouvernementaux offrent des services en français.
Formation de la main-d’œuvre
La formation de la main-d’œuvre francophone est un dossier important pour plusieurs entreprises de la région. L’accent doit être mis, plus particulièrement, sur le concept de formation continue.
Bien que Vancouver ait plusieurs universités et collèges, ces institutions offrent très peu de possibilités de formation en français. Les francophones doivent utiliser les mêmes ressources que les anglophones. De façon générale, les entreprises offrent des formations professionnelles et des cours de perfectionnement à l’interne ou par l’entremise d’organismes spécialisés. Les institutions qui offrent de la formation en français dans la région sont :
- L’Éducacentre, Campus de Vancouver
- L’Alliance française de Vancouver
- L’Université de la Colombie-Britannique (UBC)
- L’Université Simon Fraser (SFU)
Selon une étude de besoins effectuée par Éducacentre, il y a un intérêt au sein de la région pour davantage de cours, programmes et formations en français.
Services aux entreprises
De nombreux organismes et agences offrent des services aux entreprises :
- Éducacentre, Campus de Vancouver
- L’antenne du Québec à Vancouver (Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes)
- La Société de développement économique (SDÉ) de la C.-B.
- La Mission économique au Canada
- La Petite Entreprise C.-B.
- Le Centre d'affaires régional de la C.-B.
- La Chambre de commerce française au Canada
- Investir au Canada
- Les agences et ministères gouvernementaux, comme Industrie Canada, Développement économique de l'Ouest Canada et le gouvernement de la CB
- Les associations industrielles
- Les médias
Généralement, les entreprises de la région ont accès aux services aux entreprises dont elles ont besoin. Cependant, il y a peu de services individualisés tel que pour des avis légaux et fiscaux ou pour des statistiques spécialisées.
Priorités d'actions
L’économie de la région de Vancouver est très saine et compte plusieurs forces. D’une part, le secteur des biotechnologies est en pleine expansion. La région de Vancouver est la 3e région la plus dynamique dans ce domaine du continent nord-américain. Les industries forestières et minières sont aussi une force importante de la région. Vancouver accueille les sièges sociaux de plusieurs grandes compagnies qui exploitent des mines de diamant, d'or, de cuivre et de zinc en C.-B. et dans le Nord canadien. De plus, l’industrie forestière injecte d’importantes sommes dans l’économie régionale et en plus des postes de gestion des compagnies forestières, des travailleurs de moulins et de sylviculture de la ville de Vancouver, des emplois sont disponibles dans la manutention, la transformation et le transport des produits du bois.
La construction est une autre force de la région. Ce domaine est très actif avec la construction d’édifices résidentiels et d’édifices à bureaux, d’espaces commerciaux, et d’entrepôts pour accommoder les entreprises qui desservent les industries. Le centre- ville de Vancouver regorge de larges projets résidentiels souvent appartenant à des intérêts asiatiques comme le développement Concord Pacific qui recouvre un huitième du centre-ville de Vancouver. De plus, en prévision des Jeux Olympiques d’hiver de 2010, plusieurs édifices de la région du grand Vancouver seront réaménagés et rénovés. Voir le site : http://www.2010commercecentre.com/. Des projets de construction routière sont aussi en vue avec la venue des Jeux Olympiques de 2010. La ligne RAV, pour trains à haute vitesse reliant Richmond (l’aéroport international) et le Centre-ville de Vancouver devrait être complétée en temps pour les Jeux. De plus, l’amélioration de l’autoroute Sea-to-Sky, reliant Vancouver et Whistler, est prévue.
Le secteur des transports représente aussi un secteur d’activité important dans la région. Vancouver est une plaque tournante au niveau des transports maritimes et aériens. Le Port de Vancouver représente le plus fort tonnage de marchandises à l’exportation d’Amérique du Nord. De plus, Vancouver est le point de départ de 290 croisières vers l’Alaska, ayant embarqué 900 000 passagers en 2003.
Une spécialité de la région est la construction de bateaux et de véhicules sous-marins, et les équipements qui s’y rattachent. International Submarine Engineering à Port Coquitlam : http://www.ise.bc.ca/company.html ou Monaro Marine à Richmond : http://www.monaromarine.com/index.htm sont de bons exemples.
Le tourisme est aussi une force majeure de la région, particulièrement grâce à la notoriété du centre de ski Whistler-Blackcomb. De plus, le tourisme écologique (observation de la nature) ou de sport « extrêmes » (vélo de montagne, kayak de mer, deltaplane, ski alpin et alpinisme) continue d’attirer des adeptes.
Vancouver est le 3e plus important centre de production en cinéma en Amérique du Nord, après Los Angeles et New York. Plus de 50 000 personnes sont employées dans ce secteur.
L’augmentation de la population de la C.-B. ainsi que l’expansion industrielle apporte des pressions importantes au secteur de l’énergie. Dans la région de Vancouver, des chercheurs se penchent sur le développement de nouvelles technologies dans le but de réduire la consommation du pétrole et minimiser la dépendance aux sources traditionnelles d’électricité. Ainsi, la compagnie Ballard Power Systems Inc. De Burnaby (www.ballard.com) est devenue le leader mondial dans les domaines du développement, de la production et de la commercialisation des piles « Proton Exchange Membrane Fuel Cell » communément appelées « piles à l’hydrogène. »
Finalement, Vancouver est reconnu comme étant un centre de la haute technologie et un tremplin pour le développement de marchés vers l'Asie.
Les principaux défis auxquels fait face la région sont le manque d’infrastructures routières et de chemins de fer pour le transport de marchandises vers les États-Unis. De plus, les industries forestières et minières présentent d’importants problèmes environnementaux. Pour ce qui est de l’industrie du cinéma, une crise émerge relative à la concurrence que représente Hollywood et Montréal en particulier. Ces villes attirent davantage de compagnies de production en diminuant les redevances payables par celles-ci.
D’autres défis existent dans les domaines suivants :
- Économie du savoir
Il est important d’assurer la croissance continue du secteur de la bio-technologie. De plus, les francophones doivent être davantage sensibiliser aux applications et aux modèles d’affaires électroniques. Présentement, RDÉE C.-B. offre des ateliers à cet égard dans le cadre du programme l'Internet et les affaires.
- Tourisme
Un des défis est d'assurer un équilibre entre la sauvegarde de la nature (attrait touristique) et le développement de l'industrie primaire. De plus, puisque la région reçoit plus de visibilité grâce entre autres à la promotion des Jeux Olympiques d’hiver 2010, il semble y avoir un besoin pour de nouvelles entreprises, particulièrement dans l’hôtellerie et les tours guidés.
RDÉE C.-B. fait la rédaction et la promotion d'un guide de voyage pour la région de Vancouver et participe aux campagnes de marketing et aux opérations promotionnelles de la région. De plus, le fait que l’administration centrale de la Commission canadienne du tourisme se soit installée à Vancouver devrait mener à la création de quelques postes bilingues.
- Intégration des jeunes en affaires
Plusieurs jeunes francophones quittent la province, soit pour maintenir leur français soit pour vivre l’expérience d’une autre région que la côte Ouest. Ceux qui restent dans la région finissent par s’intégrer à la société Vancouveroise, ce qui mène souvent à l’anglicisation.
La Chambre de commerce française au Canada fait parfois des demandes auprès des compagnies membres pour qu’elles offrent des possibilités de stages en français aux jeunes francophones de la région.
- L’accroissement du développement économique francophone
Une des grandes difficultés pour les francophones de Vancouver est qu’il n'y a pas de quartier francophone ou de zone économique francophone. Cette réalité, conjuguée avec le fait que la francophonie n’est généralement pas perçue comme une valeur ajoutée au sein de la province, rend difficile l’épanouissement économique francophone.
La mise sur pied d’un groupe de travail sur la francophonie pourrait se montrer bénéfique à la communauté francophone et à son développement.
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