Vision, défis, opportunités : un survol
Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Queens à l’Île-du-Prince-Édouard et à sa communauté francophone.
Main-d’œuvre de la région
La région de Queens offre une importante diversité d’emplois qui englobent de multiples secteurs d’activités en raison de ses composantes autant urbaines que rurales. Pour les postes spécialisés (secteurs de la recherche et du développement en biosciences, de la haute technologie, etc.), les employeurs se voient dans l’obligation de recruter du personnel à l’extérieur de la province. De plus, certains secteurs font face à une pénurie importante de main-d’œuvre qualifiée, en particulier dans l’industrie touristique et dans les métiers tels qu’électricien, plombier et charpentier.
De nombreux facteurs contribuent à cette réalité. D’une part, la population de la région à l’extérieur de Charlottetown est vieillissante et en diminution, faisant en sorte qu’il y a moins de personnes en âge de travailler dans certains secteurs économiques traditionnels. D’autre part, les jeunes sont généralement peu intéressés par les emplois qui existent dans ces secteurs. Les jeunes tendent à être plus scolarisés, ils recherchent des emplois stables et se dirigent vers des emplois professionnels. En effet, plusieurs personnes quittent la région pour les plus gros centres et choisissent plutôt des carrières dans les services publics (les services gouvernementaux, l’enseignement, le domaine de la santé, etc.). Un autre défi important demeure le recrutement d’employés bilingues particulièrement dans l’industrie touristique du comté de Queens.
La Société de développement de la Baie acadienne, en partenariat avec RDÉE Î.-P.-É., livre le programme PERCÉ. Ce programme vise les jeunes qui ont quitté l’Île pour étudier mais qui sont intéressés à y revenir pour travailler et pour y établir des contacts avec des entreprises qui œuvrent dans leur domaine d’études au cas que ceux-ci pourraient éventuellement leur offrir un emploi. De plus, le portail JEFLIPE agit comme un guichet unique en ligne où les jeunes de langue française de l’Île peuvent se rendre pour obtenir toutes sortes de renseignements sur les emplois et l’entrepreneuriat dans la province.
Intégration des nouveaux arrivants
À l’Île-du-Prince-Édouard, l’immigration demeure très faible et compte pour seulement quelques centaines de nouveaux arrivants à chaque année. Les immigrants qui arrivent à l’Île, comme ailleurs au pays, ont tendance à préférer les zones urbaines aux régions rurales. Selon les intervenants francophones de Rustico, l’immigration dans cette région rurale est essentiellement nulle et il n’y a aucune initiative en marche actuellement ou envisagée afin d’attirer des immigrants dans cette région. Malgré qu’il y a un certain nombre d’immigrants qui choisissent Charlottetown comme destination et qu’il y aurait à l’occasion quelques immigrants francophones qui arrivent, la communauté acadienne et francophone ne dispose d’aucun programme d’accueil ou de structure d’accueil propres à elle.
À Charlottetown comme dans l’ensemble de la province, c’est surtout la PEI Association for Newcomers to Canada qui s’occupe des immigrants qui arrivent dans cette province. Cet organisme dispose d’un certain nombre de programmes afin de faciliter l’arrivée et l’intégration des immigrants dans la société insulaire, entre autres: le Programme d'aide à la réinstallation (PAR) et le Programme d'établissement et d'adaptation des immigrants fournissent de l'assistance pour les besoins initiaux d'établissement tels que l'interprétation, l'hébergement, l'inscription pour des services de garde, de l'école et des classes de langue seconde, ainsi que l'intégration continue dans la communauté. D’autres programmes s’ajoutent à la prestation de la PEI Association for Newcomers to Canada notamment le Programme de liaison pour les étudiants immigrants, le Programme d’éducation multiculturelle et Service d’assistance à l’emploi.
La PEI Association for Newcomers to Canada dispose aussi d’un programme qui vise particulièrement les immigrants de langue française, notamment le Programme d'établissement des francophones. Le but de ce programme est d'offrir des services d'établissement aux immigrants et aux réfugiés francophones et de soutenir les efforts des organismes francophones pour attirer et retenir des nouveaux arrivants francophones. Ce programme d'établissement des francophones est subventionné par la Division des affaires acadiennes et francophones, le Ministère des affaires communautaires et culturelles et le Secrétariat à la démographie de l'Î.-P.-É. Il est opportun aussi de souligner que RDÉE Î.-P.-É. siège au conseil d’administration de la PEI Association for Newcomers to Canada visant l’accueil de nouveaux arrivants à la province, y apportant la perspective francophone.
Présence du français en milieu de travail
De façon générale, l’anglais est la langue de travail administrative dans les entreprises de la région de Queens. Rare sont les entreprises qui indiquent que la langue de travail dans leur entreprise est principalement ou partiellement le français. Cependant, les intervenants francophones du milieu remarquent une plus grande sensibilisation de la part des commerçants anglophones à l’importance d’offrir des services aux visiteurs dans les deux langues officielles du Canada. Il faut aussi remarquer que les services en français aux résidents francophones de Charlottetown sont plus nombreux qu’auparavant.
Formation de la main-d’œuvre
Outre l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, le grand Charlottetown dispose de plusieurs institutions d’éducation postsecondaire y compris un collège de médecine vétérinaire (le seul en Atlantique), une école en tourisme et en hospitalité ainsi qu’un institut culinaire. Du côté francophone, la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard assure la prestation de programmes de formation aux adultes francophones. Depuis septembre 2006, la Société éducative offre certains programmes à partir de son campus satellite situé à Charlottetown dans les locaux du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean (centre scolaire et communautaire).
Pour ce qui est de la formation des entrepreneurs, c’est surtout par le biais des organismes francophones que ceux-ci ont accès à une formation en français. Des ateliers sur des sujets de l’heure sont régulièrement offerts aux entrepreneurs du comté de Queens par le biais de partenariats entre ProfitHabileté Île-du-Prince-Édouard, la Société de développement de la Baie acadienne, la Société éducative de l'Î.-P.-É, RDÉE Î.-P.-É., la Chambre de commerce acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. et des agences gouvernementales.
Services aux entreprises
Il existe plusieurs services d’appui et de nombreuses sources de financement en provenance des gouvernements ou d’organismes de développement économique communautaire pour le démarrage ou l’expansion d’une entreprise. De façon générale, les agences gouvernementales et organismes suivants peuvent être très utiles. Ces services sont disponibles dans l’ensemble du comté de Queens.
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Depuis 2006, RDÉE Î.-P.-É., en collaboration avec ses partenaires communautaires et gouvernementaux, offre une vaste gamme de services pour les entreprises acadiennes et francophones de l’Î.-P.-É. y compris dans le comté de Queens. Les agents de développement du RDÉE offrent en région des services d’expertises-conseils tels un appui au démarrage d’une entreprise, des conseils en matière d’affaires électroniques, des outils d’évaluation de l’entrepreneur et des services d’appui visant à mieux planifier le projet d’affaires.
- Le Centre de services aux entreprises Canada/Île-du-Prince-Édouard fait partie du réseau national de Centres de services aux entreprises du Canada. Le Centre offre un service complet d'information et d’appui aux entreprises, accessible gratuitement, à l'échelle de la province. La prestation des services du Centre est dans les deux langues officielles du Canada.
- Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard met à la disposition du secteur des affaires toute une gamme de services d’appui aux entreprises existantes et émergeantes par l’entremise de l’agence P.E.I. Business Development Inc. Cependant ces services, pour la plupart, sont en anglais seulement.
Priorités d'actions
La francophonie du comté de Queens de l’Île-du-Prince-Édouard est concentrée dans les régions de Rustico et de Charlottetown. Les Acadiens et francophones de la région de Rustico sont susceptibles aux opportunités et aux défis d’un milieu rural tandis que Charlottetown est la capitale et la plus grande ville de l'Île-du-Prince-Édouard. Cette dernière s'enorgueillit également d'être le «berceau du Canada». Établi en 1763, Rustico est considéré la plus ancienne communauté européenne continuellement habitée à l'Î.-P.-É. et s’affiche donc comme «le berceau de l’Acadie de l’Île-du-Prince-Édouard». Les deux régions disposent d’un centre scolaire et communautaire, qui est le noyau de l’activité francophone de chaque région.
Les industries de l’agriculture, de la pêche et du tourisme forment les assises économiques des régions rurales du comté de Queens. L'avenir de cette économie repose sur la diversification déjà amorcée dans les secteurs de l’agriculture et des pêches. Les ressources naturelles sont très présentes mais feront dorénavant l'objet d'une utilisation de plus en plus innovante et plus respectueuse de l'environnement. Quant à l’industrie touristique, la renommée région de Cavendish tente de contrer la décroissance de visiteurs avec un ensemble de nouveaux produits davantage adaptés aux besoins du visiteur tandis que la ville de Charlottetown mise sur un nouveau positionnement touristique adopté en 2006.
Il importe de souligner que bon nombre de francophones de la région de Charlottetown travaillent dans les services publics en particulier au siège social du ministère des Anciens Combattants Canada. Les intervenants francophones du milieu font remarquer que les francophones du grand Charlottetown sont dispersés dans les quatre coins de la ville. Les données sociodémographiques indiquent que la population francophone de Charlottetown affiche des niveaux de scolarité et de revenus supérieurs à la moyenne de la population francophone de l’Île dans son ensemble.
Au chapitre des opportunités et des priorités d’actions, les intervenants de la région de Rustico ont retenu les suivantes pour les prochaines années:
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Le renforcement des produits patrimoniaux et culturels, en particulier la Banque des fermiers qui est une des premières institutions financières publiques au Canada et de nos jours un lieu historique national, et la Maison Doucet, habitation acadienne du 18ième siècle, construite vers 1772 et une des plus anciennes maisons à l'Î.-P.-É.
- Le développement d’une infrastructure de développement communautaire davantage adéquate.
- La création d’emplois dans le secteur touristique.
- La disponibilité de services en français additionnels auprès des exploitants touristiques.
- Le développement d’un attrait touristique comme point d’entrée de Rustico.
- Le développement de produits écotouristiques (sentiers communautaires, belvédères (postes d’observation), vues panoramiques sans obstruction, etc.)
- L’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de marketing touristique pour la région de Rustico.
- La création d’un centre de ressources à Rustico pour le développement économique et touristique.
À Charlottetown, les besoins au chapitre du développement économique demeurent moins prioritaires. Les intervenants continuent de travailler vers un partenariat durable avec les fonctions publiques fédérale et provinciale afin de promouvoir la présence de l’activité de langue française dans la région de Charlottetown. Les responsables du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean étudient présentement un projet qui mènerait à un agrandissement du centre scolaire et communautaire, projet rendu nécessaire en raison du nombre croissant d’utilisateur. De plus, les intervenants francophones s’intéressent aux projets suivants afin de voir à l’épanouissement de la francophonie du grand Charlottetown:
- La création d’un tout nouveau festival francophone.
- Le renforcement des partenariats avec le Centre des arts de la Confédération et la ville de Charlottetown.
- L’intégration du produit touristique et culturel de la région de Charlottetown au tout nouveau réseau touristique provincial acadien et francophone mené par l’Alliance touristique acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard (ATAFIPE), fondée en 2006.
La santé économique du grand Charlottetown s’annonce bien pour les prochaines années. D’ailleurs cette petite ville a compris l’importance de miser sur des secteurs de pointe afin d’assurer son développement socio-économique. De nos jours, les secteurs suivants représentent d’excellentes opportunités économiques, de partenariats et d’emplois pour les citoyens, y compris les francophones de cette ville:
- Le secteur de la haute technologie connaît un essor remarquable depuis une dizaine d’années à l’Île-du-Prince-Édouard. C’est surtout à Charlottetown que s’installe les entreprises spécialisées dans ce secteur en particulier dans le Centre de technologie de l’Atlantique. En 2006, il y aurait plus de 1100 emplois dans ce secteur dans une centaine d’entreprises. Malgré que certaines de ces entreprises aient des racines insulaires, la plupart sont des filiales de grandes entreprises nationales ou internationales. À titre d’exemple, la multinationale CGI (systèmes technologiques spécialisés) s’installait à Charlottetown en 2006 avec 150 employés.
- Le créneau des services financiers affichent un potentiel prometteur notamment avec l’arrivée d’AMVESCAP une entreprise mondiale dans le domaine des services financiers et des investissements.
- Le secteur de la recherche et du développement (R&D) fournit des emplois à environ 650 personnes (y compris 200 chercheurs) qui travaillent actuellement dans le secteur des biosciences à l’Île-du-Prince-Édouard, principalement dans la région de Charlottetown.
- Le Centre d’évaluation des bioproduits de l’Atlantique, qui est administré par le Collège de médecine vétérinaire de l’Atlantique, jouera un rôle central dans le domaine des sciences biomédicales, grappe de recherche en plein essor dans la région de Charlottetown. Le Centre d’évaluation des bioproduits soutiendra les travaux réalisés à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et les recherches menées avec des partenaires tels que l’Institut des sciences nutritionnelles et de la santé du Conseil national de recherches du Canada, qui loge lui aussi sur le campus de cette université. Le Centre d’évaluation des bioproduits de l’Atlantique est le seul établissement de son genre dans l’Est du Canada et au nord de Boston. L’ouverture du Centre d’évaluation témoigne de l’existence d’une technologie solide qui accroîtra sensiblement la valeur de la grappe des biosciences, domaine de recherche qui connaît une croissance constante dans la province.
- Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) a inauguré officiellement en février 2007 l’Institut des sciences nutritionnelles et de la santé (ISNS-CNRC) à Charlottetown. L’installation de pointe constitue un centre dynamique de recherche et de commercialisation pour le secteur en émergence des bioressources de la province. Dans ce centre, les chercheurs du CNRC, en collaboration avec leurs homologues d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), exploreront l’effet des composés bioactifs de source naturelle sur des problèmes de santé graves comme les infections, les troubles immunitaires, les troubles neurologiques comme la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques, et les troubles liés à l’obésité. Il est prévu qu’en 2008, l’Institut accueillera au moins 100 chercheurs. L’installation permettra à des entreprises du secteur des sciences nutritionnelles qui poursuivent des recherches initiales de travailler dans les laboratoires d’incubation de l’installation et de tirer ainsi parti de l’équipement et de l’expertise offerts sur place.
- Les fonctions publiques fédérale et provinciale représentent un potentiel de partenariat continu pour la francophonie de Charlottetown. D’autant plus que le siège social du ministère des Anciens Combattants Canada est considéré un des grands atouts de la vie en français à Charlottetown et dans les environs.
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