Vision, défis, opportunités : un survol
Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région du Sud-Est du Manitoba et à sa communauté francophone.
Main-d’œuvre de la région
Les principaux secteurs économiques du Sud-Est du Manitoba sont l’agriculture et certains secteurs connexes tels que le transport et la fabrication (qui peut inclure la fabrication d’aliments, de moutures de céréales, de produits laitiers ou de produits de viandes), de même que les soins de santé, le commerce de détail et la construction. On note que le recrutement de la main-d’œuvre pose certains défis, particulièrement dans les domaines exigeant un travail physique ou dans certains domaines spécialisés tels que la comptabilité, les emplois de bureau et ceux semi-professionnels.
Le recrutement de la main-d’œuvre s’effectue principalement par le biais des journaux locaux, des réseaux personnels et professionnels ou, au besoin, par le recrutement dans d’autres régions de la province ou du Canada. Les intervenants consultés ont souligné qu’il demeure difficile de recruter du personnel maîtrisant suffisamment les deux langues officielles, tout particulièrement dans les domaines suivants :
- L’agriculture, particulièrement parmi les jeunes qui n’ont pas grandi dans un milieu agricole
- Les métiers, tels que les plombiers, les électriciens, les camionneurs et les mécaniciens
- Le domaine de la santé, incluant les postes à l’intérieur des bureaux régionaux de santé
- Les adjoints et adjointes administratifs(ves) bilingues
- Les employés bilingues dans les domaines de l’hôtellerie et la restauration
Une étude récente du ministère des Affaires intergouvernementales et Commerce Manitoba indique en outre que la région du Sud-Est souffre d’une pénurie de main-d’œuvre de l’ordre de 400 à 500 emplois.
Intégration des nouveaux arrivants
Environ 3 pour cent des francophones du Sud-Est sont nés dans un autre pays et un peu moins de 2 pour cent des francophones de la région ont immigré entre 1991 et 2001. Dans ce contexte, l’intégration des nouveaux arrivants francophones est un enjeu de portée encore limitée.
Notons que le Collège universitaire de Saint-Boniface recrute activement de nouveaux élèves provenant d’autres pays tels que l’Afrique et l’Europe. Une fois leurs études complétées, ces étudiants francophones tendent à rester au Manitoba. Dans ce contexte, on prévoit que l’intégration des nouveaux arrivants dans les différentes régions du Manitoba, incluant le Sud-Est, prendra une importance croissante. Un des défis qui se pose pour certains des nouveaux arrivants francophones est de s’assurer qu’ils aient une maîtrise suffisante de la langue anglaise pour fonctionner de façon efficace dans un milieu de travail bilingue.
Présence du français en milieu de travail
Environ les deux-tiers des francophones du Sud-Est du Manitoba utilisent fréquemment le français au travail. L’utilisation du français en milieu de travail est d’ailleurs un peu plus marquée chez les plus jeunes. On note qu’un peu plus de 500 anglophones du Sud-Est utilisent fréquemment le français dans le cadre de leur travail.
Le français est parlé aussi bien de façon formelle qu’informelle en milieu de travail. Il peut être utilisé entre employés ou avec les clients, selon la préférence de ces derniers. Il peut en outre être utilisé de façon plus formelle dans les communications écrites ou les sites Web. Dans bien des cas, cependant, les communications écrites ou formelles demeurent largement faites en anglais.
La capacité d’offrir des services dans les deux langues est parfois limitée due à un manque de personnel bilingue. Dans certains domaines, on estime qu’il faudra se tourner vers d’autres régions du pays pour pouvoir recruter des employés bilingues.
Formation de la main-d’œuvre
Les francophones du Manitoba ont accès à une gamme de programmes de formation. La plupart de ces programmes ne sont cependant accessibles qu’en anglais. On note que l’absence de programmes de formation en français dans certains secteurs économiques se traduit par une faible capacité des employés de pouvoir offrir des services en français.
Les établissements donnant de la formation au Manitoba sont largement situés dans la région de Winnipeg, et non dans le Sud-Est. On compte, parmi ces établissements :
- Le Collège universitaire de Saint-Boniface (formation en français)
- Le Conseil de développement économique des municipalités bilingues (CDEM) (formation en français)
- Plurielles (formation en français)
- Le Réseau communautaire (formation en français)
- Assiniboine Community College
- Red River College
- Winnipeg Technical Institute
- University of Manitoba
- University of Winnipeg
- Les associations professionnelles
Soulignons que dans certains secteurs économiques du Sud-Est, dont l’agriculture, la formation est essentiellement offerte en milieu de travail.
Services aux entreprises
Créé en 1996, le CDEM joue un rôle de premier plan dans l’appui aux entreprises et la planification du développement économique des communautés francophones du Manitoba. Il intervient sur deux axes principaux :
- La coordination de projets en développement économique, en collaboration avec les municipalités bilingues et les Corporations de développement communautaire (CDC.)
- La prestation de services aux entreprises nouvellement établies ou déjà en opération et qui sont en phase d'expansion ou qui ont des projets d'exportation.
Des 16 municipalités bilingues et membres de l’Association des municipalités bilingues du Manitoba, cinq sont situées dans la région du sud-est :
- Le village de Saint-Pierre-Jolys
- La municipalité rurale De Salaberry
- La municipalité rurale de Ritchot
- La municipalité rurale de La Broquerie
- La ville de Sainte-Anne
Le CDEM, en collaboration avec les CDC et les acteurs locaux, a élaboré des plans Vision, qui sont essentiellement des plans de développement économique permettant aux municipalités bilingues d’élaborer une vision économique et d’identifier des projets à caractère industriel, commercial, résidentiel et touristique. Sur une période de 5 ans, plus de 180 projets ont été initiés à travers les 16 municipalités membres, représentant des investissements de près de 500 millions $.
La liste des autres organismes offrant un appui aux entreprises inclut :
- Le Centre de services bilingues de Saint-Pierre-Jolys
- Diversification de l’économie de l’Ouest Canada
- Le Centre d’entreprises des femmes
- Banque de développement du Canada
- Les Zones d’amélioration commerciale (ZAC)
On pense que le soutien aux entreprises pourrait être renforcé dans les domaines de la succession d’entreprises, l’accompagnement, le mentorat et l’aiguillage vers les programmes gouvernementaux. Ces services sont ou bien inexistants ou mal connus des chefs d’entreprises.
Priorités d'actions
On estime que l’économie de la région du Sud-Est est relativement forte. La région présente un faible taux de chômage, autant chez les francophones que chez les anglophones. De fait, la région fait face à une pénurie de main-d’œuvre dans certains domaines et ce, malgré le fait que le Sud-Est ait connu une croissance démographique de 6% entre 1996 et 2001.
Les priorités d’actions se situent dans les domaines suivants :
- Économie du savoir – Il est essentiel que les régions rurales du Manitoba, dont la région Sud-Est, puisse effectuer le virage technologique nécessaire, incluant l’accessibilité à l’Internet haute vitesse.
- Tourisme – On désire poursuivre le développement du tourisme dans les municipalités bilingues de la province, particulièrement pour les touristes francophones et pour ceux intéressés par l’écomusée.
- Intégration des jeunes – On désire mettre l’accent sur le mentorat, la succession d’entreprises, les stages de formation, et des programmes de bourses pour les programmes du Collège universitaire de Saint-Boniface.
- Développement rural – La mise en œuvre des projets Vision est une priorité des municipalités bilingues du Manitoba. En outre, on désire mettre l’accent sur l’autosuffisance des entreprises communautaires, la rétention des commerces, et l’intégration des nouveaux arrivants francophones en milieu rural.
Documents pertinents :
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