Vision, défis, opportunités : un survol
Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Restigouche et à sa communauté acadienne et francophone.
Main-d’œuvre de la région
Les entreprises de Restigouche offrent une certaine diversité d’emplois. Certains d’entre eux, comme dans l’industrie du bardeau, ne requièrent pas de formation académique formelle. Les métiers et les emplois spécialisés, de même que les emplois professionnels, exigent quant à eux une formation collégiale ou universitaire.
Le secteur de la boiserie, le domaine de la santé (particulièrement parmi les transcripteurs médicaux) et le domaine de l’administration ne semblent pas faire face à de grands défis de recrutement. Il s’agit d’industries relativement stables dans la mesure où il y a toujours de la main-d’œuvre disponible et qualifiée. Par exemple, pour ce qui est du secteur administratif, un grand nombre de jeunes semblent avoir les diplômes nécessaires. Il y a aussi suffisamment de gens disponibles pour combler les postes liés à des emplois saisonniers.
Les postes les plus difficiles à combler sont ceux qui exigent une spécialisation tels que les métiers, incluant les soudeurs, les machinistes, les électriciens, les techniciens, les charpentiers et les cordonniers, ainsi que dans les domaines du marketing et de la gestion. Les gens qualifiés en graphisme et en photographie sont également peu nombreux. De plus, plusieurs jeunes quittent la région une fois formés. Ceci étant dit, la main-d’œuvre disponible au sein de la région est constituée surtout de jeunes adultes ayant une formation limitée.
Les moyens de recrutement les plus souvent utilisés sont :
- Le bouche-à-oreille
- Les annonces dans les journaux
- Les recherches ciblées
- Les banques d’employés potentiels des gouvernements
De plus, certaines entreprises ont mis en place un département des ressources humaines. Pour d’autres, il est commun de recevoir des applications en personne par les membres de la communauté.
En général, il n’y a pas de grandes difficultés à recruter des personnes bilingues dans la région de Restigouche. Certaines entreprises recrutent leurs employés parmi les étudiants du collège communautaire ou dans les villes avoisinantes comme Balmoral, Edmundston, Bathurst, Campbellton, Belledune et Shédiac. Le bilinguisme est nécessaire pour certains postes, tels que les cadres et les préposés à la clientèle. La majorité des employés bilingues des entreprises et organismes sont originaires de la région et le français est leur langue maternelle.
Intégration des nouveaux arrivants
Dans la région, il y a très peu de nouveaux arrivants venant d’autres pays. La plupart des employés ont reçu leur formation et acquis leur expérience au Canada.
Il serait important de développer des stratégies pour attirer des nouveaux arrivants. Par exemple, l’Entreprise Restigouche travaille activement avec le secteur privé pour trouver des solutions au manque d’immigration dans la région. Présentement, il y a plutôt une préoccupation avec l’émigration; les jeunes, de même que leur famille, quittent la région de Restigouche pour aller vers les villes de Moncton, Dieppe et Québec.
Présence du français en milieu de travail
La grande majorité des organismes et entreprises de la région de Restigouche utilise le français comme langue de travail à l’interne pour les communications verbales. Il y a une augmentation de l’utilisation du français dans le secteur manufacturier. Dans l’ensemble, la majorité des employés au sein des entreprises et organismes de la région sont bilingues.
Un certain nombre de clients des entreprises est anglophone, et ceci exige souvent un service à la clientèle anglophone ou bilingue. De plus, les sites Web de certaines entreprises sont offerts dans les deux langues officielles du Canada.
Formation de la main-d’œuvre
En général, la formation de la main-d’œuvre représente un dossier prioritaire pour les organismes et les entreprises de la région de Restigouche. Plusieurs entreprises sont satisfaites de la formation de la main-d’œuvre disponible dans la région. Certains partenariats ont été mis en place dans le but de former la main-d’œuvre. Un exemple est le partenariat entre les Agences de développement économique communautaires et l’Entreprise Restigouche, qui favorise le développement de la main-d’œuvre dans plusieurs secteurs clés comme le bois, le métal, le tourisme et le service de détail.
Néanmoins, les possibilités de formation, au sein de la région, sont généralement limitées. Les défis se présentent ainsi :
- Les possibilités de formation dans certains domaines sont manquantes, particulièrement dans la charpenterie et l’électricité.
- Il existe des programmes de formation supplémentaire offerts en comptabilité et en informatique, mais ils sont enseignés à Moncton, Saint-Jean ou Halifax.
- Il y avait une firme privée dans la région qui offrait de la formation, mais son existence a été de courte durée.
Plusieurs entreprises mettent l’accent sur la formation continue de leurs employés. À cet égard, certaines entreprises / organismes forment leurs employés ou offrent de défrayer les coûts d'une formation ou d'un cours de perfectionnement.
Les institutions suivantes offrent de la formation au sein de la région ou à proximité de Restigouche :
- Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick à Bathurst
- L'Université de Moncton et l'Université du Nouveau-Brunswick
- Le Ministère d’Entreprises Nouveau-Brunswick
- L’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA)
Services aux entreprises
De nombreux organismes et agences offrent des services aux entreprises :
- L’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA)
- Les Corporations au bénéfice du développement communautaire (CBDC)
- Le programme Tandem International du Ministère du Développement des Ressources humaines et du Développement des compétences Canada (RHDCC)
- L’Entreprise Chaleur
- L’Entreprise Restigouche
- Le projet du Centre d'entrepreneurship du Restigouche Inc., qui relève du Centre de développement et d'éducation en entrepreneuriat (CDEE)
En général, les entreprises n’ont pas de problèmes d’accès aux agences / organismes. De plus, l’entreprise Chaleur offre un centre d’incubation d’entreprises. De l’autre côté, plusieurs entreprises n’ont pas besoin de telles agences car elles comblent leurs besoins à l’interne. Par contre, il subsiste certains domaines pour lesquels le soutien manque, comme le marketing.
Priorités d'actions
Les forces de l’économie de la région de Restigouche se situent au niveau des métiers; les possibilités d’emplois sont bonnes, mais il y a des défis sur le plan du recrutement. Le secteur du tourisme a du potentiel comme source de développement économique, mais nécessite encore du travail. Les petites et moyennes entreprises (PME) sont également assez actives. Il y a des forces dans le domaine des nouvelles technologies, par exemple avec Johnson Enterprises. On retrouve aussi des entreprises spécialisées comme la mine ou le port de Belledune.
De plus, le faible coût de la vie, la proximité des États-Unis et les grands espaces à la portée de tous sont des caractéristiques qui attirent les investisseurs. Un bon niveau d’éducation, de créativité et de dynamisme, ainsi qu’une motivation envers le travail, ajoutés au bon travail fait par les associations, l’arrivée de nouvelles technologies et l’Internet contribuent à la réussite de certaines entreprises.
En général, le secteur des ressources naturelles et les activités connexes se développe bien. Toutefois, la dépendance envers le secteur primaire est perçue comme un point de vulnérabilité important. Par exemple, la fermeture de la mine Brunswick à Bathurst prévue d’ici cinq ans aura des répercussions sur toute la région. Par conséquent, l’Entreprise Chaleur a développé une stratégie pour réagir à cette fermeture. La diversification de l’économie serait donc bénéfique à la santé économique de la région.
En ce qui a trait à son développement économique, la région fait face à quelques défis importants :
- Il y a une réduction dans le nombre d’employés des grandes compagnies de transformation. De plus, on remarque un manque de main-d’œuvre pour les métiers manuels et au sein des usines de transformation.
- Le fait que de grandes entreprises s’installent dans la région pose des difficultés aux boutiques locales. Cette réalité pousse certaines entreprises à vendre à l’extérieur de la région, ce qui mène donc à l’exportation.
- Le domaine de l’exportation fait face à des difficultés en raison d’une importante augmentation des coûts d’opération. L’accroissement des prix des matières de base, comme l’essence ajoute aux défis.
- Plusieurs employés de la région ressentent une insécurité d’emploi et il y a souvent des discussions portant sur des grèves éventuelles qui entraînent un climat de découragement parmi les travailleurs.
D’autres défis existent dans les domaines suivants :
- Économie du savoir – Il y a un manque de motivation chez les jeunes à obtenir et à développer cette expertise.
- Intégration des jeunes en affaires – L’exode des jeunes vers d’autres régions, notamment les régions urbaines, se fait ressentir dans la région. Il serait nécessaire d’encourager les jeunes à rester à Restigouche après leur formation. D’un côté, plusieurs jeunes constatent qu’il y a un manque d’emplois dans la région et de l’autre, certains entrepreneurs perçoivent que les jeunes ne sont pas intéressés à travailler. Il y a donc un problème de communication et de sensibilisation. Jeunesse Restigouche est un des organismes qui cherche à diminuer l’exode des jeunes et de leur famille. L’organisme travaille aussi avec les centres d’apprentissage pour aider les jeunes à terminer leurs études secondaires.
En résumé, les priorités d’actions sont :
- L’intervention auprès des jeunes – Une fois que les jeunes sont formés, des stratégies devraient être élaborées pour prévenir l'exode de ces jeunes vers d’autres régions ou provinces et de rapatrier ceux qui ont quitté. Il faut trouver des moyens pour stimuler les jeunes.
- L’accroissement de la main-d’œuvre qualifiée – Il faudrait aussi faire un effort afin de retenir les gens qui ont un bon niveau d’éducation. Un manque à cet égard se fait ressentir, à Restigouche. Il existe aussi un besoin d'améliorer la formation professionnelle pour combler les besoins des entreprises.
- L’accroissement du développement économique – Les principaux acteurs du développement économique de la région sont le Centre Open for Business, les CBDC, les collèges communautaires, l’APÉCA, l’Entreprise Restigouche, le Conseil national de recherche, la banque de développement du Canada et les ministères ayant cette vocation. Ces organismes offrent des services d'aide et/ou de financement et mettent en place diverses initiatives de développement économique. La collaboration entre ces intervenants est présente mais ils doivent maintenir leurs efforts pour améliorer la situation économique à Restigouche. L’Entreprise Chaleur s’est donnée le rôle d’instigateur et d’agent pour rallier les divers intervenants gouvernementaux, les entrepreneurs, les municipalités et leurs citoyens.
- Il pourrait être bénéfique de mettre en place des programmes pour aider au développement des entreprises de production et des usines de transformation, comme pour le saumon (au lieu de se limiter à la pêche). De plus, des emplois spécialisés aux ressources de la région, comme les produits forestiers, seraient un atout. L’implantation de stratégies sectorielles représente une autre possibilité.
- L’amélioration de l’infrastructure – Il y a une lacune au niveau de l’infrastructure dans la région. Par exemple, le réseau routier et l’aéroport ont besoin d’améliorations. Des outils pour aider le développement sont perçus comme fondamentaux.
Certains efforts ont récemment été réalisés dans le domaine du développement économique communautaire :
L’Entreprise Restigouche a mis sur pied une initiative visant à encourager les diplômés à retourner dans la région de Restigouche, appelée « Mes racines, mon avenir !» : www.gnb.ca/cnb/newsf/ted/2005f0452te.htm et www.restigouche.ca/roots/frmain.htm
Le Groupe de travail Restigouche-Chaleur a rédigé un rapport en 2002 qui fournit au gouvernement des recommandations dans le but de préparer un plan d'action pour la relance économique de la région Restigouche-Chaleur : www.gnb.ca/0096/restchal/rech2002fr.htm et www.gnb.ca/0096/Restigouche-Chaleur/index-f.asp
Liens Internet pertinents :