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Carte des divisions et subdivisions de recensement
Kingston
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Vision, défis, opportunités : un survol

Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Kingston et à sa communauté francophone.

Main-d’œuvre de la région 

La région de Kingston offre une variété d’emplois pour une population dont la formation s’étend de journalier à PhD. La ville compte six grandes industries :

  • Éducation : L’Université de Queen’s, le Collège militaire (niveau universitaire) et le Collège St-Laurent;
  • Production : Alcan, Dupont, Lafarge, Bombardier;
  • Services correctionnels : 11 prisons dans un rayon de 50 km de Kingston;
  • Organismes fédéraux et provinciaux : Ressources humaines Canada et autres;
  • Base militaire de Kingston;
  • Tourisme : Grand Lac et proximité des États-Unis.

Avec ses deux universités et son collège, Kingston est très bien pourvu en main-d’œuvre qualifiée. De fait, il y a tellement de main-d’œuvre qualifiée (même surqualifiée), que les salaires sont souvent moindre qu’à Ottawa compte tenu de l’offre et la demande. La main-d’œuvre qualifiée est sous-employée.

La main-d’œuvre la plus accessible est dans l’hôtellerie, le tourisme, l’administration et les centres d’appel. Quant à la main-d’œuvre rare, les gens en infographie et en hautes technologies sont parmi les plus difficiles à trouver. Les agents de voyage semblent être un problème également. Bien entendu, si on ajoute un critère de bilinguisme, la difficulté s’accroît. Pour répondre à ces besoins grandissants, l’école secondaire Marie Rivier a débuté un programme focus en hôtellerie et en tourisme ainsi qu’un programme en haute technologie et infographie. Ce dernier est réalisé en collaboration avec le centre culturel Frontenac et le Théâtre l’Octave.

Kingston est une ville très conservatrice. Le moyen de recrutement le plus populaire est la référence par une personne connue de l’employeur. Les autres moyens de recrutement les plus utilisés sont :

  • Les sites Internet des entreprises
  • Les annonces à l’interne
  • Le bouche à oreilles
  • Les services d’emploi de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) des Mille-Îles
  • Mode Canada Fashion (MCF), compagnie virtuelle d’entraînement
  • Les services de l’université de Queen’s et du collégial
  • Très rarement, les annonces dans les journaux.

Les nouveaux arrivants ont souvent de la difficulté à se trouver de l’emploi car ils n’ont pas de référence à Kingston ou d’expérience canadienne. Il semblerait que seulement 10 % des postes vacants soient affichés au grand public. Dans ce sens, le service qu’offre MCF est très apprécié de plusieurs, mais surtout des nouveaux arrivants et des employeurs qui sont rassurés d’obtenir une référence. http://www.modecanadafashion.ca/index-f.htm 

Tant qu’à la main-d’œuvre francophone, elle provient en partie de Kingston, mais elle résulte fréquemment de transferts du Québec à la base militaire de Kingston. Ce sont souvent le ou la conjoint (e) de militaires qui se cherche un emploi. Un autre service important offert par l’Association Canadienne-Française de l’Ontario (ACFO) est son centre d’emploi francophone. De fait,  ce service est tellement réputé que 20 % de sa clientèle est anglophone. http://kingston.acfo.ca/acfo/kingston/services.html

Intégration des nouveaux arrivants

Il y a constamment de nouveaux arrivants, mais en petite quantité. Grâce à la base militaire de Kingston, la population compte parmi elle une certaine quantité de nouveaux arrivants provenant d’ailleurs au pays et de récents canadiens de l’Ontario.

Parmi les organismes qui sont les mieux placés pour en parler, nommons l’ACFO qui a une clientèle composée de 17 % d’immigrants de langue française. L’ACFO a d’ailleurs mis sur pied un service pour venir en aide aux personnes qui doivent faire des démarches pour la reconnaissance des compétences acquises à l’extérieur du pays. http://kingston.acfo.ca/acfo/kingston/arrivantski.html De plus, MCF remarque que 35 % de ses participants sont immigrants et cherchent à obtenir de l’expérience canadienne.

Il semble que dans plusieurs cas deux problèmes se posent : 1) les personnes immigrantes n’ont pas d’expérience canadienne dans une ville qui fonctionne majoritairement avec références et 2) celles qui sont immigrantes francophones ne parlent pas couramment la langue anglaise.

Présence du français en milieu de travail

En mai 2006, Kingston fut nommée la 25e région désignée bilingue par l’Office des affaires francophones du gouvernement provincial.

http://www.ofa.gov.on.ca/francais/qui-annonces-240506.html Considérant la nouveauté de cette désignation, la communauté francophone de la région est quand même bien desservie. En effet, contrairement à certaines autres régions, il est possible de trouver dans le répertoire des services en français de l’ACFO une centaine d’entreprises et d’organismes qui offrent des services en français. Dans cette liste on retrouve les organismes communautaires francophones, les bureaux du gouvernement fédéral et certaines entreprises, surtout si le ou la propriétaire est francophone. La majeure partie des entreprises n’offre que des services en anglais et la plupart des sites Internet sont unilingues anglais même quand le ou la propriétaire est francophone. Les chambres de commerce sont également unilingues anglaises.

Parmi les nombreux organismes francophones, ont peut nommer l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO), secteur Mille-Îles, le centre culturel Frontenac, Mode Canada Fashion (MCF), les écoles et garderies francophones et La Route du Savoir.

L’implantation de la désignation bilingue aura un impact majeur favorisant l’embauche du personnel bilingue. En effet, malgré que les municipalités ne soient pas touchées par cette annonce, les organismes provinciaux ont jusqu’au 1er mai 2009 pour passer leur effectif bilingue de 20 à 80 employés.

Formation de la main-d’œuvre 

En général, la formation de la main-d’œuvre est un dossier important pour les entreprises de la région. Du côté anglophone, les opportunités de formation sont très présentes car la ville héberge deux universités et un collège. Le « Thousand Island Board » s’occupe de la formation, des tendances et besoins des entreprises. Il travaille également avec les universités de la région. Cet organisme est généralement peu préoccupé par les besoins francophones. Les institutions post-secondaires anglophones sont :

  • Collège St-Laurent
  • Collège militaire (niveau universitaire), services bilingues pour les militaires
  • Université de Queen’s

Au niveau francophone, par contre, la formation post-secondaire n’est pas disponible. Les seuls organismes à offrir de la formation en français sont :

  • Les écoles primaires et secondaires, catholiques et publiques, françaises
  • La Route du Savoir : offre des cours aux adultes qui désirent terminer leur secondaire V
  • Mode Canada Fashion : entreprise virtuelle d’entraînement.

Pour poursuivre leurs études au post-secondaire en français, les jeunes et les adultes doivent se rendre à Ottawa ou suivre une formation en ligne de la Cité collégiale, qui n’offre pas toute sa programmation par ce média. Plusieurs projets sont en réflexion pour développer des services post-secondaires en français à Kingston en collaboration avec les institutions d’Ottawa.

Certaines entreprises et organismes font venir des personnes de l’extérieur pour donner de la formation en groupe. D’autres utilisent la formation via Internet ou la correspondance. À l’extrême, certaines entreprises vont même jusqu’à envoyer leurs employés là où se donne la formation.

Services aux entreprises

Les entrepreneurs de la région ont quelques options lorsqu’elles ont un besoin de services aux entreprises. Leurs services sont unilingues anglais seulement.

  • Banque fédérale de développement économique (BDC)
  • La Société d’aide au développement des collectivités (SADC) : « Frontenac community Futurs development »
  • « Kingston employment youth services » (KEYS)
  • « Kingston economic development corporation » (KEDCO)
  • SKEBO and associates.

Il est à noter que malgré qu’il n’y ait pas de service bilingue au bureau de la BDC à Kingston comme tel, la directrice de comptes se déplace d’Ottawa au besoin.
Lors des entrevues, une petite minorité des gens consultés était au courant de l’existence de ces organismes. Ceux-ci ont une clientèle composée d’entrepreneurs anglophones seulement.

En français, certaines banques offrent possiblement des services bilingues, mais il n’y a pas d’offre active. La Route du Savoir et MCF réfléchissent aux possibilités d’offrir de tels services en français.

Priorités d'actions

En général, la santé économique de la région est bonne. Kingston offre une qualité de vie qui ressemble à celle d’une grande ville, sans avoir les coûts qui s’y rattachent.  Les forces de la région se situent au niveau des services et organismes gouvernementaux : quatre écoles francophones, deux hôpitaux, une base militaire ainsi que les trois institutions d’enseignement post-secondaire et quelques industries. Kingston est une ville de gens éduqués. Son taux de chômage est stable et plus bas que celui qu’on retrouve à Ottawa-Gatineau. Kingston a connu dans la dernière année, une augmentation de 33 % dans la valeur des permis de bâtir. http://www.statcan.ca/Daily/Francais/070306/q070306a.htm

Quant aux défis, Kingston a besoin de plus de PME et d’industries, surtout dans le secteur technologique, pour créer de la variété et de l’emploi pour les jeunes. Autant que cette ville a le potentiel de se développer économiquement, surtout au niveau touristique, autant les rouages municipaux empêchent le développement de la ville. La population semble divisée entre les gens qui ont une attitude conservatrice et ceux qui ont un comportement plus progressiste. Kingston devient une ville de retraités. Kingston a connu une baisse de 15,4 % au niveau des investissements en construction de bâtiments non résidentiels en 2006. http://www40.statcan.ca/l02/cst01/econ84b_f.htm

Tant qu’à l’économie francophone, elle est plutôt faible malgré les améliorations des cinq dernières années. L’implantation de la désignation bilingue fera beaucoup de bien, et le domaine touristique ne pourra qu’en profiter.

D’autres défis qui sont devenus des priorités régionales :

  • Économie du savoir – La région a un grand besoin pour la main-d’œuvre et l’industrie en haute technologie. Il est nécessaire de trouver les ressources financières et humaines pour y arriver. On remarque également un manque d’appui gouvernemental au niveau des affaires électroniques pour les entreprises et les organismes. Enfin, il n’y a pas de formation post-secondaire en français.

  • Tourisme – Kingston détient une grande richesse de culture et d’histoire. Cette ville possède un énorme potentiel touristique. Il y est pourtant à peine exploité. Quelques organismes francophones travaillent actuellement sur l’exploitation historique francophone des lieux. Le site de l’ACFO dispose d’une mine d’information à ce sujet. http://kingston.acfo.ca/acfo/kingston/présence.html
     
    De la même manière, il est impératif de montrer aux entreprises touristiques le grand potentiel que comporte le bassin francophone ontarien (566 000 clients potentiels) en plus des québécois à proximité et des européens en visite dans la région d’Ottawa. Par exemple, après une journée d’activités à Kingston, les autobus remplis de Français s’en vont à Gananaque, au théâtre « Thousand Island play house » pour voir un spectacle en anglais. Il y a pourtant des spectacles en français de haut calibre au centre culturel Frontenac. http://centreculturelfrontenac.com/dsp_choix.php?arg=accueil

    Le tourisme de la région a grand besoin de plus de personnes bilingues pour l’accueillir. Il est possible de se faire un itinéraire de voyage grâce au site du regroupement des organismes du patrimoine franco-ontarien http://www.ropfo.ca/francoroute/dev/index.php 
  • Intégration des jeunes dans l’économie – Les jeunes veulent prendre leur place dans l’économie. Les entreprises et les gouvernements doivent leur donner la chance de s’impliquer et d’étudier dans la langue de leur choix. Ils doivent surtout leur donner des opportunités d’emplois bilingues qui les motivent à rester ou à revenir à Kingston. Il y a présentement très peu de travail pour les jeunes. L’exode des jeunes a presque atteint un point critique, car Kingston se transforme peu à peu en une ville de retraités.

  • Développer les ressources humaines en général – La région nécessite des emplois bilingues de qualité car ceux qui sont disponibles présentement sont généralement des postes à bas salaire. La formation au niveau collégial doit miser sur les métiers et le tourisme (incluant les agences de voyage). De plus, les PME demandent de l’aide à travers des programmes spéciaux d’embauche.

L’éducation des jeunes passe par les parents et la famille autant que par l’école. La responsabilisation des parents face à l’éducation de leurs enfants reste un sujet de discussion important. Le gouvernement doit agir pour favoriser la « vie de famille ». Il y a un manque de ressources dans l’éducation des jeunes pour, entre autre, diminuer le nombre d’enfants par professeur ou pour développer un système de « mentorat » afin d’éviter le décrochage scolaire.

  • Développer les ressources humaines francophones – La communauté francophone de la région à tout d’abord besoin d’un meilleur réseau de communication et d’une stratégie de gestion des ressources humaines. Sur le plan de la communication, il semblerait que l’administration de la ville ait annoncé à la mi-mars son intention de faire une grande campagne de sensibilisation à la francophonie dès que la population francophone aura atteint 5 % de la population de Kingston (actuellement à environ 4 %). Sur le plan de la formation en français, un premier élément concerne la qualité de la langue écrite et verbale dans les écoles et au travail ainsi que la nécessité d’offrir de la formation post-secondaire en français dans le domaine des métiers et de la technologie, dans la région. Pour terminer, le département des ressources humaines des entreprises doit signaler la disponibilité de postes bilingues lorsqu’ils font du recrutement.

Les principaux acteurs du développement économique sont les élus municipaux, provinciaux et fédéraux ainsi que les écoles. Les nombreuses chambres de commerce sont aussi des joueurs importants dans l’économie de Kingston et des environs, elles sont toutefois unilingues anglaises. La « Kingston economic developpement corporation » (KEDCO) et la « Frontenac community futurs development » (SADC) jouent un rôle extrêmement important dans le développement de l’économie. Ces deux organismes se doivent d’offrir des services en français afin d’aider les jeunes et les entrepreneurs francophones à participer dans l’économie de la région.

Les investissements des gouvernements provincial et fédéral dans l’économie de la région sont les suivants :

  • Le gouvernement du Canada, via Fednor, a investi un total de 929,998 $ dans le Comté de Frontenac, en 2005 et 2006. Cet argent a bénéficié la société d’aide au développement des collectivités (SADC). On se souviendra toutefois que la SADC n’a pas de services en français et que sa clientèle est anglophone seulement. Actuellement, aucun entrepreneur francophone n’a de dossier en étude pour de l’aide financière. Voici les annonces publiques :

2005 - http://strategis.ic.gc.ca/epic/site/fednor-fednor.nsf/fr/fn02228f.html
2006 - http://strategis.ic.gc.ca/epic/site/fednor-fednor.nsf/fr/fn02592f.html

  • Dans un communiqué du 21 octobre 2005,  le gouvernement du Canada annonce une aide financière supplémentaire de 128 777 $ qui a été versée à l’égard de l’Inauguration d’une nouvelle maison de transition à Kingston dans le cadre de l’Initiative de partenariats en action communautaire, l’un des volets de l’Initiative nationale pour les sans-abri (INSA) du gouvernement du Canada. http://www.homelessness.gc.ca/.../shownewsrelease_f.asp?id=550

  • Des investissements ont été faits dans l’infrastructure de la ville. Dans un document budgétaire du Budget de l’Ontario 2006, dans la sous-section des charges : « Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales a effectué des investissements stratégiques dans l’infrastructure… 25 millions de dollars pour la mise à niveau des usines de traitement des eaux usées à Kingston ».

  • Dans le même document budgétaire du Budget de l’Ontario 2006, à l’intérieur de la section I : Créer des occasions de réussir, créer un Ontario plus fort, on peut lire dans la sous-section de l’amélioration des routes : « … la province continue d’investir dans des éléments cruciaux de l’infrastructure routière… élargir l’autoroute 401 à Kingston entre Sydenham Road et la rue Montréal » - http://www.fin.gov.on.ca/french/.../2006/papera.html

Le 8 mars dernier, le gouvernement de l’Ontario a annoncé un investissement de 5,4 millions de dollars dans la « technologie verte » du « Ontario Fuel Cell Research and Innovation Network (OFCRIN), basé à l’université de Queen’s - http://qnc.queensu.ca/story_loader.php?id=45f087735e671

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