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Vision, défis, opportunités : un survol

Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Niagara et à sa communauté francophone.

Main-d’œuvre de la région 

L’économie de la région de Niagara est particulièrement reconnue pour son volet touristique.  On estime à environ 18 millions le nombre de touristes qui visitent annuellement cette région, dont près de 2 millions vont observer les chutes du Niagara.  L’importante présence de l’industrie vinicole, de même que les autres attraits tels que les terrains de golf, les pistes cyclables et les musées en font une destination touristique recherchée.  Environ 1 emploi sur 10 dans la région de Niagara est directement lié au tourisme.  Les secteurs de la fabrication, des services et de l’agriculture occupent aussi une part importante de l’économie de Niagara.

Les besoins en main-d’œuvre qualifiée sont considérables.  Le secteur touristique à lui seul pourrait, estime-t-on, absorber plus de 20 000 nouveaux emplois dans les prochaines années.  On chiffre à environ 50 000 le nombre de nouveaux emplois qui devront être comblés dans la région de Niagara au cours des 10 prochaines années.  Dans ce contexte, les intervenants économiques de la région estiment qu’il est difficile de recruter une main d’œuvre qualifiée dans plusieurs secteurs économiques tels que :

  • le tourisme et l’hôtellerie
  • les soins de santé
  • l’éducation
  • la construction
  • l’informatique commercial et le télémarketing

Bien que le bouche à oreille continue d’être un moyen de recrutement privilégié, la région de Niagara bénéficie en outre des services du Centre d’emploi 2000.  Appuyé financièrement par le Ministère de la Formation et des Collèges et Universités et Ressources humaines et Développement des compétences Canada, ce centre d’emploi offre des services aux francophones de la région à la recherche d’un emploi.

Il demeure difficile de recruter du personnel bilingue efficace sur le plan oral et écrit à la fois.  Plusieurs intervenants estiment que leur personnel bilingue possède une capacité insuffisante au niveau du français écrit.

Le personnel bilingue de la région de Niagara provient aussi bien de l’Ontario, que du Québec, du Nouveau-Brunswick, de l’Afrique et de la France.

Intégration des nouveaux arrivants

La proportion de francophones nés dans un autre pays est moitié moindre que chez les anglophones.  Néanmoins, on retrouve bon nombre de nouveaux arrivants francophones à la recherche d’emploi dans la région de Niagara, particulièrement à Welland.  Comme dans bien d’autres régions du pays, la reconnaissance des diplômes et des expériences acquises à l’étranger continue de poser un problème.

On note l’absence de programmes d’éducation permanente pour les nouveaux arrivants.  Ils peuvent toutefois compter sur Héritage Welland qui œuvre spécifiquement dans le développement de programmes d’évaluation et d’attestation des acquis pour les nouveaux arrivants.  En outre, le Centre d’emploi 2000 offre certains services aux nouveaux arrivants, ainsi qu’aux travailleurs saisonniers et temporaires pour combler les besoins en main d’œuvre  dans les fermes durant la période estivale.  Notons finalement que le Centre multiculturel de Welland travaille en partenariat avec Entreprises Niagara pour aider les nouveaux arrivants à faire homologuer leurs titres scolaires.

Présence du français en milieu de travail

Si le français se retrouve dans tous les secteurs économiques de la région, sa présence est particulièrement importante dans le secteur du tourisme et des centres d’appels.  On compte six centres d’appels dans la région qui emploient 4 000 personnes, dont 40 pour cent sont bilingues.

On compte en outre certains employeurs, dont le Collège Boréal, le Centre d’emploi 2000 et les écoles de langue française qui offrent un milieu de travail à prépondérance francophone.

Formation de la main-d’œuvre

L’économie de Niagara a subi d’importantes transformations et le déclin de certaines industries, telles que l’acier, est remplacé par une expansion dans des domaines tels que le tourisme et les technologies de l’information et des communications.  Dans ce contexte, le dossier de la formation prend une importance incontournable. 

La formation en français à Niagara est généralement offerte par :

  • le Collège Boréal
  • le Centre d’emploi 2000
  • l’ABC Communautaire (alphabétisation)

Les institutions suivantes offrent de la formation en anglais :

  • McMaster University
  • Brock University
  • Niagara College
  • le groupe américain LEARN

On souhaite d’ailleurs promouvoir davantage la formation à l’intérieur des entreprises et des organismes de la région.  Ce dossier ne retient toujours pas l’attention qu’il mérite dans certains secteurs économiques.

Services aux entreprises

Les services d’appui aux entreprises offerts en français dans la région de Niagara sont largement dispensés par le Club 2000 Niagara.  L’organisme gère un programme incubateur d'entreprises qui offre une série de services tels que :

  • le développement d'un plan d'affaires
  • le financement
  • la publicité et le marketing
  • la vente
  • la gestion

L’organisme offre en outre des opportunités de réseautage.  À cela s’ajoutent les services offerts par les différents paliers de gouvernement.

Les chambres de commerce et les regroupements de gens d’affaires de la région offrent aussi des services d’appui aux entreprises, mais il s’agit essentiellement de services offerts en anglais.

Priorités d’actions

Dans l’ensemble, l’économie de la région de Niagara présente des forces importantes.  Un secteur touristique déjà bien implanté et en expansion, en plus d’une localisation stratégique proche d’importants marchés canadiens et américains.  On reconnaît cependant que les ajustements économiques des dernières années dus, en particulier, à la décroissance du secteur métallurgique, soulève d’importants défis au plan de l’adaptation de la main-d’œuvre.

Les priorités d’actions sont donc les suivantes :

  • Économie du savoir – On compte sur l’économie du savoir pour offrir des opportunités que le secteur métallurgique n’est plus en mesure d’offrir.  On note cependant qu’il est difficile pour plusieurs travailleurs de faire une telle transition.  C’est d’ailleurs pour cette raison que la formation joue un rôle si important.  Un défi à cet égard vient du fait que plusieurs travailleurs du domaine métallurgique présentent un niveau d’éducation peu élevé, souvent en deçà du diplôme d’études secondaires.

  • Tourisme – Comme partout ailleurs, les évènements du 11 septembre 2001 et ceux liés à l’épidémie du SRAS ont eu un impact négatif sur l’industrie du tourisme de Niagara qui compte, entre autres, sur la clientèle venue des États-Unis.  On note en outre que plusieurs visiteurs ne séjournent pas dans la région de Niagara, préférant n’y passer que la journée.  Une priorité est d’offrir des activités encourageant les touristes à séjourner dans la région pour quelques jours.

    On note également que l’infrastructure routière et le transport en commun sont déficients dans la région.  Le QEW est souvent encombré, alors que le transport en commun est pratiquement inexistant dans certaines municipalités.

  • Intégration des jeunes – La priorité d’action est d’offrir aux jeunes des opportunités de travailler en français dans la région.  À cette fin, le Club Niagara 2000 a mis sur pied le Club Jeunes entrepreneurs, qui offre aux élèves des écoles de langue française de la région, de niveaux primaire et secondaire, des ateliers développés par l'organisation Jeunes Entreprises du Canada (JECAN)

  • Développement rural – L’agriculture occupant une place importante dans l’économie de Niagara, les priorités d’actions dans ce domaine visent à assurer la viabilité des fermes locales.  Cela implique, entre autres, des stratégies visant à encourager les jeunes à opter pour le secteur rural.

    On vise en outre la mise en marché des produits locaux.  Plusieurs fermiers de la région constatent que leurs produits sont délaissés au profit de produits agricoles américains qui envahissent le marché local, à des prix plus avantageux.

En somme, les intervenants économiques de la région désirent mettre l’accent sur les points suivants :

  • Créer un environnement d’affaires plus compétitif
  • Cibler les employeurs stratégiques : transport et manufactures, tourisme, services, transformation des produits agricoles et environnement
  • Améliorer le transport et les infrastructures reliées
  • Repositionner l’image de Niagara
  • Développer les talents locaux
  • Promouvoir davantage le tourisme multilingue
  • Améliorer la production dans les industries manufacturières, la transformation des produits alimentaires, les produits chimiques et la robotisation
  • Améliorer les secteurs de services professionnels, de l’ingénierie, de la finance et du commerce de détail
  • Promouvoir les services d’entreposage et de distribution et les centres d’appels

Pour ce faire, les intervenants estiment qu’ils devront surmonter les défis suivants :

  • Les limitations sur le plan du financement disponible
  • Le manque de coordination et de coopération entre les différents ordres du gouvernement
  • Le manque de collaborations entre les collèges, les universités et les collectivités
  • L’image parfois étroite que les médias diffusent de l’économie de Niagara.  Celle-ci est souvent décrite comme étant une région touristique et vinicole, ce qui peut limiter la prise en considération des autres domaines d’innovation.

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