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Vision, défis, opportunités : un survol

Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Nickel Belt et à sa communauté francophone.

Main d’œuvre de la région

Une partie importante des emplois situés dans la région de Nickel Belt est liée à l’industrie des mines et de la foresterie. On note une pénurie importante de main d’œuvre qualifiée, particulièrement chez les petites et moyennes entreprises. Le manque de valorisation généralement associé à certains métiers et l’exode rural dont souffrent les régions au profit des grands centres urbains expliquent, en partie du moins, ce phénomène. Le secteur de la construction éprouve également des difficultés quant au renouvellement de sa main-d’œuvre. Parmi les postes en demande figurent, entre autres, ceux de soudeurs, électriciens et plombiers. Tout comme les mines et la foresterie, ces postes ne requièrent habituellement qu’une formation collégiale.  Même dans ce contexte, le manque de formation pratique auprès des apprenants demeure une préoccupation importante des employeurs.

Le secteur de la santé soulève également des inquiétudes. La pénurie de main-d’œuvre touche non seulement les médecins mais aussi le reste du personnel soignant (infirmières / infirmiers, gardes-malades, etc.). L’exode de la main-d’œuvre vers les villes de North Bay ou celle du Grand Sudbury soulève la crainte d’une amplification de ce phénomène due aux projets de modernisation des hôpitaux qui s’y trouvent. À cette réalité s’ajoute le vieillissement de la population, lequel engendre une plus grande demande pour des soins de santé.  Certaines municipalités de la région comptent ainsi jusqu’à 50 % d’aînés d’où l’importance de renouveler la main-d’œuvre de la région. 

Les employeurs de la région ont recours à divers moyens de recrutement, incluant:  

  • les annonces dans les journaux locaux;
  • les annonces à l’interne;
  • les bureaux d’emploi des diverses institutions d’enseignement
  • les sites Web de recrutement;
  • les centres d’emploi
  • le bouche-à-oreille et l’utilisation de réseaux professionnels ou personnels.

L’embauche de personnel bilingue se fait particulièrement dans les secteurs des ventes ou du service à la clientèle. De façon générale, le recrutement de personnes bilingues ne pose pas de grandes difficultés. La majorité de celles-ci sont originaires de la région ou de collectivités avoisinantes et ont le français pour langue maternelle.

Intégration des nouveaux arrivants

La proportion de nouveaux arrivants au sein de la population active de la région de Nickel Belt est marginale. Certaines données tendent cependant à démontrer l’apport significatif de ceux-ci dans le secteur des hautes technologies et plus particulièrement de l’informatique. L’équivalence des diplômes et la reconnaissance des acquis demeure l’obstacle récurrent à l’insertion professionnelle de cette main-d’œuvre. Notons que le contexte linguistique des communautés du Nord de l’Ontario favorise l’apprentissage du français auprès de cette population.    

 

Présence du français en milieu de travail

Bien que les travailleurs favorisent l’utilisation du français dans le cadre de leurs communications verbales, la pratique des deux langues officielles dépend également du secteur d’activité dans lequel elle s’inscrit. On distingue dès lors trois catégories auprès desquelles cette nuance est remarquable: l’administration, le service à la clientèle et les domaines techniques. L’environnement administratif se caractérise ainsi par une pratique quasi-systématique de la langue française. Le service à la clientèle nécessite pour sa part la dualité linguistique que justifie le rapport auprès de ses interlocuteurs. Enfin, le personnel technique tend à privilégier l’utilisation de la langue anglaise dont la prédominance s’avère factuelle dans ce milieu (manuels d’utilisation, documents techniques, etc.). De nombreux organismes et autres entreprises de la région de Nickel Belt s’appliquent cependant à produire leurs outils de communication aussi bien en anglais qu’en français. Cette tendance est particulièrement visible dans les municipalités à forte densité francophone tel qu’à Sturgeon Falls.

Formation de la main d’œuvre

La formation et le perfectionnement professionnel sont des éléments importants pour les industries et les entreprises de la région de Nickel Belt. Même si l’apprentissage postsecondaire classique reste nécessaire afin d’accéder à l’ensemble des emplois disponibles, la formation continue demeure particulièrement essentielle pour les professions liées aux technologies minières, à la construction, au tourisme, aux ventes et services ainsi qu’à la santé. Cette donnée est d’autant plus significative que ces secteurs connaissent une forte croissance ou sont appelés à compenser pour la baisse d’activité que subit actuellement l’industrie forestière.

Bien que les employeurs s’en remettent aux formations académiques dispensées par les institutions collégiales et universitaires telles que le Collège Boréal ou l’Université Laurentienne, force est de constater que celles-ci ne répondent pas aux attentes des intervenants consultés en terme d’acquisition d’expérience et de savoir-faire. Ces organismes et autres entreprises de la région assurent à l’interne la formation pratique que requièrent leurs employés et délèguent à des entités variées (généralement des fournisseurs ou des regroupements corporatifs) la formation spécialisée liée aux outils qu’ils utilisent. À titre d’exemple, le faible nombre de programmes d’apprentissage disponibles en opération de machinerie lourde et l’obligation de tenir à jour les licences gouvernementales nécessaires au maniement de ces engins obligent les entreprises à former elles-mêmes et sur une base régulière, leurs employés.

 

La formation au sein de la région de Nickel Belt est généralement offerte par:

  • Le Collège Boréal
  • Le Collège Cambrian
  • L’Université Laurentienne
  • Contact Nord pour les cours à distance
  • Ressources humaines et Développement des Compétences Canada (RHDCC) et son Programme de bénéfices aux travailleurs indépendants

Services aux entreprises

Un bon nombre d’organismes et d’agences offrent des services aux entreprises:

  • La Chambre de Commerce du Nipissing Ouest
  • La Corporation du développement économique de Markstay-Warren
  • FedNor (Industrie Canada)
  • Ressources humaines et Développement des Compétences Canada (RHDCC)
  • La chambre de Commerce de Gogama
  • PARI (Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada)
  • RDÉE Ontario
  • Economic Partners Sudbury East
  • Job Connect
  • Les institutions financières

Ces agences / organismes offrent, entre autres, des services d’élaboration de plans d’affaires, d’aiguillage et de financement.  Malgré l’existence de ces services, plusieurs entreprises, notamment les plus petites, ne s’en servent pratiquement pas. D’une part, les services disponibles ne correspondent pas nécessairement aux besoins des ces entreprises et d’autre part, ces petites entreprises n’ont pas toujours les ressources nécessaires afin obtenir l’information sur les services qui leur sont spécifiques. Plusieurs d’entre elles ne sont d’ailleurs pas au courant du type de services offert par ces institutions.

Priorités d’actions

La santé économique de la région de Nickel Belt jouit en grande partie des retombées de l’essor de l’industrie minière. Malgré la fermeture du moulin Weyerhaeuser à Sturgeon Falls et une industrie forestière en sursis, le développement économique demeure palpable dû à la bonne santé et à la diversification des secteurs d’activité présents dans cette région. Toutefois, de par leur réussite, les principaux intervenants du secteur minier tendent à épuiser le bassin de main d’œuvre qualifiée disponible à la sortie des établissements de formation. Cette situation pèse sur les petites entreprises qui perdent leurs jeunes diplômés après les avoir formés sur le terrain.

De plus, il est important de revaloriser certaines professions en particulier dans le domaine de la construction. De cet effort dépend l’accroissement d’une main d’œuvre qualifiée dans un secteur en forte demande ainsi qu’une meilleure insertion de toutes les catégories de diplômés dans la vie active. Une telle initiative se doit cependant d’être accompagnée de formations plus pratiques susceptibles de mieux répondre au besoin d’expérience et de savoir-faire que recherchent les entreprises de la région chez leurs jeunes employés.

Associées à l’amorce de diversification économique constatée dans plusieurs municipalités, ces approches seront en mesure à long terme d’attirer plus de travailleurs qualifiés et d’encourager les jeunes de cette région à revenir s’y installer.     

D’autres défis existent dans les domaines suivants :

Économie du savoir – l’accès à un service Internet à haute vitesse est généralement satisfaisant.  Néanmoins, il est important de systématiser la couverture de ces services sur tout le territoire de la région de Nickel Belt. Ces outils sont essentiels à la diversification efficace de l’économie (en particulier dans le secteur des hautes technologies). 

 

Tourisme – fort de la richesse d’un patrimoine naturel exceptionnel, ce secteur représente une opportunité pour plusieurs collectivités de la région de Nickel Belt. L’accès au financement reste cependant très difficile, ce qui ralenti les développements dans ce secteur. 

 

Intégration des jeunes en affaires – l’exode des jeunes vers d’autres régions, notamment les plus urbanisées, se fait sentir. Cette problématique de grande envergure a des impacts à différents niveaux. Plusieurs collectivités sont perçues comme étant essentiellement composées de retraités ce qui suscite dès lors un manque d’intérêt auprès des jeunes susceptibles de s’y installer. 

 

Développement rural – plusieurs communautés de la région sont rurales et leur développement rencontre des obstacles en raison d’une diversification économique faible.  Il faudrait par conséquent,  diversifier l’économie et accroître l’utilisation des nouvelles technologies.

Ceci étant dit, les priorités d’actions sont : 

 

Interventions auprès des jeunes – Des stratégies doivent être élaborées afin de prévenir l'exode des jeunes. Une plus grande variété de formations au contenu plus pratique doit être dans un premier temps offerte dans la région. Il serait également nécessaire d’assurer la création d’emplois dans divers domaines afin d’inciter les jeunes à demeurer ou à revenir dans la région. Enfin, il est essentiel de développer et de promouvoir l’esprit d’entrepreneuriat chez les jeunes. Ces derniers requièrent dans ce secteur plus de formation, de services et de financement afin de les aider à démarrer leur propre entreprise.   

 

Établir des partenariats pour le développement économique – Les principaux acteurs du développement économique francophone de la région sont : FedNor (Industrie Canada), Ressources humaines et Développement des Compétences Canada (RHDCC), les diverses chambres de commerce, les diverses corporations de développement économique et le RDÉE.  Ces organismes offrent des services d'aide et/ou de financement et mettent en place des initiatives de développement économique. Leurs efforts pour l’accroissement et la collaboration des partenariats doivent être maintenus. Cependant, ces organismes doivent travailler de concert avec les entreprises et les industries de la région afin d’en assurer le développement économique. 

 

Développer le secteur du tourisme – Les collectivités de la région ont perçu l’intérêt que représente ce secteur d’activité et doivent travailler ensemble afin de promouvoir un tourisme régional. Il est important que chacune ait la possibilité d’identifier et de développer des activités touristiques. L’éco-tourisme est à exploiter. De plus, il serait essentiel d’accroître les efforts de communication et de visibilité à cet égard.     

 

Développement des ressources humaines – Trouver une main-d’œuvre qualifiée dans les domaines de la construction et de l’industrie minière soulève un défi d’autant plus important que la région souffre d’un exode de population vers d’autres collectivités plus urbanisées. Des stratégies doivent être mises en place afin d’encourager jeunes et moins jeunes à s’établir dans la région de Nickel Belt. Toutefois, le potentiel de croissance est bien présent. Une meilleure adaptation des formations aux réalités du terrain et une revalorisation des professions actuellement en demande figurent ainsi parmi les principales recommandations susceptibles de stimuler efficacement la relance économique amorcée dans cette région.

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