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Vision, défis, opportunités : un survol

Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Oshawa et à sa communauté francophone.

Main-d’œuvre de la région 

Les grandes entreprises emploient en fonction de leurs secteurs de production. On retrouve donc les métiers propres à l’industrie de l’automobile, du transport, et de l’énergie. Les industries les plus importantes incluent le commerce au détail (12 %), les soins de santé et l'aide sociale (9 %), les services professionnels, scientifiques et techniques (6 %), les services éducatifs (6 %) et les services financiers et d'assurance (6 %).

Selon la Commission locale, le secteur de la production est en perte d’emplois alors que l’emploi dans les services est à la hausse. Quant à l’agriculture, elle tend à se spécialiser et à voir ses besoins en main-d’œuvre changer. Ce besoin de main-d’œuvre spécialisée ou semi-spécialisée en agriculture, comme dans l’éco-industrie, se fait sentir.

Les pénuries, particulièrement parmi les entreprises voulant recruter des francophones, incluent les domaines de l’éducation et de la santé. Les intervenants consultés indiquent que l’offre et la demande s’équilibrent assez bien dans les autres secteurs, et qu’on retrouve assez bien dans la région les compétences requises.

Le taux de participation locale à la main-d'oeuvre était de 72 % en 2001, comparé au taux provincial de 67 %.  Le taux d'emploi dans la région était alors de 68 %, contre 60 % pour la province. Enfin, le taux de chômage de 5,8 % (mais de 5 % chez les francophones) se comparait avantageusement au 6,1% pour la province.

Le chômage chez les jeunes, approximativement 11 % en 2001, demeure élevé.  Il semble y avoir une disparité entre ce que les employeurs ont besoin et ce que les jeunes ont à offrir.

L’industrie de la transformation reste le secteur le plus important. En 2001, elle était responsable de 16 % de l'emploi dans la région. Le secteur des services compte cependant les trois quarts des emplois.

Dans le secteur des services financiers/assurance/immobilier comme chez les professionnels, les compétences requises sont disponibles dans la région et la qualité de la main-d’œuvre est assurée par des programmes de formation statutaires (par exemple par les instituts professionnels).

Cinquante cinq pour cent de la surface totale de Durham étaient des terres agricole en 2001. L'agriculture représentait cependant seulement 1,2 % de l'emploi. La croissance urbaine tend à éliminer les exploitations agricoles d'envergure sur les terres qui ne peuvent pas concurrencer la hausse des valeurs de terrains ou faire face au conflit et à la pression accrus de l'urbanisation. Les exploitations qui les remplacent tendent à être situées sur de plus petites surfaces cultivées avec la production adaptée aux marchés urbains. Les variations dans le type de production n'équivalent pas nécessairement à la production pour la viabilité à long terme. Le nombre d'exploitants a diminué de 420 entre 1996 et 2001, un déclin de 14 %. Ce déclin est susceptible de continuer étant donné que l'âge moyen des exploitants est de 52,3 ans.

La moitié de la population handicapée en âge de travailler était hors de la population active en 2001 et le taux de chômage pour ces personnes se situait autour de 10 %, soit le double du taux de chômage pour les personnes non handicapées (5,8 %).

Salaires moyens : pour les métiers spécialisés dans les grandes entreprises et pour les gestionnaires : de 20$ à 30$ /hre. Les salaires les plus élevés : professionnels et technologues dans des industries de pointe avec 30$ à 38$ /hre. Les techniciens dans les services s’adressant aux biens de consommation, les cols blancs, et les employés de commerces  gagnent, en moyenne, entre 12 et 18 $/hre. Toutefois, en hôtellerie et dans des emplois ne nécessitant pas de formation formelle, les salaires moyens sont près du salaire minimum : 8$ à 12$, en moyenne.

Intégration des nouveaux arrivants

Les immigrants qui souhaitent participer à la population active à un niveau proportionné à leur éducation et à leur expérience ne réussissent pas toujours à le faire.

La région de Durham compte un nombre croissant d'immigrants formés et pourtant un très grand nombre fait face à des obstacles à l'emploi.  Les immigrants éprouvent de la difficulté à obtenir une reconnaissance de leurs compétences et équivalence aux normes canadiennes pour obtenir de l'expérience professionnelle canadienne.

Trop souvent, les immigrants se retrouvent à travailler dans un tout autre domaine que celui dont ils ont reçu leur formation originale, ayant pour résultat la sous-utilisation de leurs qualifications et compétences. Ceci est particulièrement vrai dans le domaine de la santé où il y a une pénurie de médecins et d’infirmières. Il s’agit d’une source de frustration pour ces immigrants formés à l’étranger.

Plusieurs personnes d’affaires hésitent à embaucher des immigrants de certaines régions du monde, estimant que ces immigrants trouvent difficile de s’intégrer dans un monde des affaires axé en grande partie sur la formation continue et la compétitivité.

Dans de nombre d’entreprises, l’embauche est en fonction des compétences acquises en Ontario auprès d’associations professionnelles comme la Chambre des courtiers en valeurs immobilières, ou en assurances, et est fonction totalement de la loi ontarienne. Les compétences acquises à l’étranger ne sont alors pas pertinentes.

D’autre part, une proportion grandissante de la main-d’œuvre francophone provient d’autres régions du Canada, particulièrement du Québec et du Nouveau-Brunswick. Elle n’est pas nécessairement bilingue et donc elle doit être amenée à apprendre l’anglais. Elle doit aussi être accueillie et accompagnée dans son établissement afin de l’encourager à demeurer dans la région plutôt que de retourner au Québec.

À Oshawa seulement, on compte environ 100 nouveaux arrivants, toutes provenances confondues.

Présence du français en milieu de travail

Le français est parlé de « un peu » à « beaucoup » dans les entreprises dirigées par des francophones. Elle tend à être la langue de travail lorsque tous les employés sont francophones ou peuvent bien s’exprimer en français. Globalement, la proportion de tels employés « bilingues » ne semble pas très élevée.

Formation de la main-d’œuvre 

La plupart des employeurs semblent considérer que les établissements de formation ne préparent pas les jeunes adéquatement pour le travail et les milieux de travail qui les attendant. La formation sur le tas est courante. Les entreprises ont tendance à accepter de prendre des stagiaires (formation coopérative).

Il n’y a pas de différence notable entre les niveaux de scolarité des jeunes francophones et ceux des jeunes de la population générale. Cependant, nous pouvons noter que le pourcentage de jeunes francophones ayant un niveau de scolarité postsecondaire sans diplôme ou un niveau de baccalauréat ou plus (57 % et 13 % respectivement) est plus élevé que chez les jeunes dans la population en générale.

La proportion de jeunes francophones poursuivant leurs études au niveau postsecondaire est plus élevé que dans la population en général (82,1 % comparativement à 80,3 %), l’écart le plus important ayant été constaté dans la région du centre où 84,2 % des jeunes francophones titulaires d’un diplôme d’études secondaires poursuivent leurs études au niveau postsecondaire comparativement à 80,5 % dans la population en général.

Les conseils scolaires sont présents sur le territoire. La formation postsecondaire offerte localement relève du collège Durham. Les francophones sont desservis par le Collège Boréal à Toronto. Il existe quelques organismes communautaires offrant une formation de base.

Récemment, la croissance la plus rapide a été parmi les travailleurs plus âgés, notamment en raison des transferts d’ouvriers québécois suite à des relocalisation d’usines d’automobiles. Le roulement attendu de cette main-d’œuvre pose le besoin d’un accroissement de formation, notamment chez les jeunes.

Le chômage chez les jeunes demeure élevé de même que les taux d'abandon des études. En même temps, on estime que la plupart des emplois dans l’avenir nécessiteront une formation postsecondaire. Il semble aussi y avoir une disparité entre ce que les employeurs ont besoin et ce que les jeunes ont à offrir. En outre, les exigences des employeurs ne sont pas entièrement alignées avec l'éducation et la formation.

Bien que divers outils d’information sur les carrières visent les jeunes,  ils ne sont pas entièrement au courant des choix de carrière et n'ont pas suffisamment d'information à l'appui de leur prise de décision.

Comme dans le reste du Canada, des changements majeurs se sont produits dans le système de santé en Ontario et dans la région de Durham au cours des dernières dix années. Les besoins en formation locale et en perfectionnement de la main-d'œuvre doivent maintenant être satisfaits pour bien servir les entreprises à l'avenir.

La moitié de la population handicapée en âge de travailler (49,9 %) était hors de la population active en 2001, en comparaison à seulement que 19,1 % des adultes non handicapés en âge de travailler. Parmi les participants à la population active en 2001, le taux de chômage pour les personnes handicapées (9,7 %) était presque deux fois plus élevé que le taux de chômage pour les personnes non handicapées (5,8 %).

Le secteur de la production des services représente les trois quarts de tout l'emploi dans la région de Durham. Il est attendu que la croissance de ce secteur continuera avec l'augmentation de la population. Les intervenants indiquent qu'une grande partie du personnel de première ligne n’a pas les compétences essentielles au service à la clientèle, limitant potentiellement la croissance future.

On s'attend à ce que tous les principaux secteurs continuent à se développer : commerce au détail, soins de santé et l'aide sociale, services professionnels, scientifiques et techniques, éducation, et services financiers/assurance/immobilier. Il y aura donc une  demande croissante de nouvelles habiletés acquises dans le service à la clientèle, les ventes (en particulier au détail) et les applications informatiques.

Il y a des lacunes en ce qui a trait aux spécialistes médicaux dans toute la région alors qu'un grand nombre de praticiens actuels prendront leur retraite et que la population des personnes âgées s’accroît.

Services aux entreprises

Il existe des services pour aider les entreprises mais peu sont gratuits, ce qui pose des défis aux petites entreprises qui n’ont pas de grands moyens financiers.

Priorités d'actions

L’intégration dans le marché du travail de la population handicapée en âge de travailler est considérée comme étant une priorité d’action. Les possibilités d’emploi et les services de soutien au revenu d’emploi doivent être communiqués plus efficacement aux personnes handicapées à la recherche d’un emploi, etde plus grands efforts doivent être faits pour promouvoir ces personnes aux employeurs.

Puisque la population est vieillissante, les secteurs de la santé et des services sociaux sont prioritaires.

Il y a un besoin de programmes pratiques et coopératifs de formation et de mise à jour des employés dans le secteur agricole avec l'accent sur le développement de qualifications conçues pour augmenter l'innovation et l'esprit d'entreprise.

Le développement des infrastructures routières doit s’accélérer pour suivre celui de la construction domiciliaire.

Il sera nécessaire de faciliter le développement d’autres entreprises, suite à la relative compression des opérations de General Motors et de ses sous-traitants.

Le vieillissement de la population active nécessite que les organisations planifient proactivement des stratégies de transition, de recrutement et de maintien en fonction.

L'industrie doit être encouragée à offrir des possibilités additionnelles d'apprentissage de niveau d'entrée aux jeunes. Les jeunes en particulier ont besoin d'exposition aux métiers spécialisés à un bas âge et ont besoin d'être mieux informés sur les possibilités de carrière et sur le processus d'apprentissage. Ils doivent également comprendre les qualifications de base attendues par l'industrie pour réussir dans les métiers et recevoir le soutien pour développer ces qualifications de base.

Les jeunes entrants sur le marché du travail ont besoin d’être au courant des possibilités de carrière et de formation dans des industries spécifiques. Ils doivent développer des espérances fondées sur la réalité pour le travail de niveau d’entrée et mettre leurs compétences de niveau d’entrée à jour.

Les manques de professionnels de la santé dans la région, en particulier d'infirmières, de médecins de famille et de technologues, doivent être adressés. Des efforts et des stratégies de collaboration pour attirer et garder des professionnels sont requis.

Le personnel de première ligne et particulièrement les personnes qui travaillent ou qui ont l’intention de travailler dans les secteurs de détail ou d’accueil devront démontrer des compétences professionnelles pour le service à la clientèle et la prestation de services et bénéficieraient de formation dans ce secteur.

Documents pertinents :

  • Intégration d’un plan de développement durable pour Durham, Conseil des organismes francophones de la région de Durham, décembre 2003
  • Région de Durham - rapport sur les tendances, les possibilités et les priorités 2004 (drltb.com) qui renvoie aux documents suivants :
  • 2001 Census Data and Local Board Summary Tables, Regional Analytics, January 2004
  • A Profile of the Labour Market in the Durham Region Local Training Board Area, Regional Analytics, April 2004
  • Comments on Industry Structure, 1996 and 2001: Durham Region Local Training Board Area, Regional Analytics, May 2004
  • Confusing, Contrary, Concealed: the Information Gap and Other Issues Facing Jobseekers with Disabilities in Durham Region, Durham Region Employment Network, 2003
  • Education and Labour Market Pathways of Young Canadians Between Age 20 and 22: an Overview, Statistics Canada and Human Resources and Skills Development Canada, June 2004
  • Greater Toronto Area Agricultural Profile, an Update of the GTA Agricultural Economic Impact Study (1999), Planscape, November 2003
  • Growing Together: Durham’s Community Strategic Plan, the Regional Municipality of Durham, 2003
  • Labour Market Bulletin, Human Resource Centre of Canada, Oshawa HRCC, January 2002 to June 2004
  • Labour Market Environmental Scan Update, Durham Region Local Training Board, June 2002
  • Opening Doors, Ontario Labour Market Report, Labour Market Information and Research Unit, Labour Market and Training Division, MTCU, September 2003 to June 2004
  • Oshawa Census Metropolitan Area (CMA) Labour Market Review: 2003 Annual, Eastern Ontario Area Economist, Economic Analysis and Information Directorate, Ontario Region, HRDC

Liens Internet pertinents :