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Vision, défis, opportunités : un survol

Basée sur une série de consultations menées auprès d’entreprises et d’organismes communautaires, cette section présente la vision, les défis et les opportunités qui s’offrent à la région de Prescott-Russell et à sa communauté francophone.

Main-d’œuvre de la région 

Les entreprises de Prescott-Russell offrent une certaine diversité d’emplois.  Les quatre secteurs économiques dominants sont les emplois gouvernementaux, le commerce de détail, l’industrie et les activités reliées à l’agriculture.

La partie ouest de la région bénéficie de sa proximité à Ottawa et la fonction publique fédérale.  La récente croissance démographique est accompagnée de l’expansion des ventes au détail.  La partie est de la région est près de Montréal et on y trouve de la fabrication et des entrepôts.  La main-d’œuvre généralement bilingue est un atout.  Sur l’ensemble de la région, les quatre conseils scolaires constituent le plus grand employeur.  De plus, en ce qui concerne l’agriculture, il s’agit d’une des grandes régions de production de lait de l’Ontario, et les terres fertiles permettent la production céréalière.

De façon générale, la communauté a un assez bon accès à une main-d’œuvre qualifiée. Cependant, il existe des difficultés de recrutement sur le plan des métiers reliés à la construction, tels que menuisier, électricien, plombier; ceux reliés à la mécanique, tels que soudeur et mécanicien; et les métiers industriels, tels que machinistes, opérateurs d’équipements lourds et pressiers. Les domaines très spécialisés, comme le domaine médical, posent aussi certaines difficultés de recrutement. En outre,  des défis s’annoncent à l’horizon dans la mesure où la génération des « baby boomers » quitte le marché du travail et que la relève n’est pas assurée. 

La Commission de formation de l’Est ontarien est une excellente source d’information sur la main-d’œuvre et les questions économiques connexes.  Voir, sur leur site Web (http://www.eotb-cfeo.on.ca/index.cfm), l’onglet « Information sur le marché du travail ».  

En général et sauf exception, il n’y a pas de difficultés à recruter des employés bilingues dans la région de Prescott-Russell.  La majorité des résidants de la région possèdent le français comme langue maternelle, et le Québec est à proximité. 

Les moyens de recrutement les plus souvent utilisés par les employeurs sont :

  • Le bouche-à-oreille et l’affichage sur les lieux de travail
  • Les foires de carrières menées par des organismes ou agences de la région
  • Les annonces dans les journaux
  • Les guichets / centres d’emploi
  • Le recrutement actif auprès des finissants de La Cité collégiale et du Campus d’Alfred de l'Université de Guelph
  • Les affiches sur le site Web des entreprises, ainsi que les sites Web de banque d’emplois comme Workopolis et Jobboom.

Intégration des nouveaux arrivants

On retrouve peu de nouveaux arrivants venant de d’autres pays, dans la région de Prescott-Russell.  Un conseiller à l’emploi bilingue dessert la région au rythme d’un jour par semaine, à partir du siège de la « Cornwall and District Immigrant Services Agency ».  Pour les gens qui ont reçu une formation à l’étranger, la reconnaissance des acquis et diplômes est parfois problématique.  La quasi-nécessité d’une connaissance des deux langues officielles est aussi un défi pour plusieurs. 

Présence du français en milieu de travail

La majorité des organismes et entreprises de la région de Prescott-Russell utilise le français comme langue de travail.  L’utilisation du français est assurée dans les nombreux milieux homogènes, comme les conseils scolaires de langue française, les petites entreprises dans les localités à forte majorité francophone et les fermes familiales appartenant à des francophones.  Par contre, le français est rarement la langue de communication écrite dans les entreprises ou les franchises d’une entité pan-canadienne ou multinationale.

Le service à la clientèle est habituellement bilingue pour répondre aux besoins des francophones, qui forment la majorité de la population locale.  Les sites Web de la majorité des entreprises sont offerts en français et en anglais.  Dans l’ensemble, la majorité des employés des entreprises et des organismes de la région est bilingue.  Toutefois, la demande pour des employés bilingues à Ottawa, à des salaires avantageux, est telle que dans la zone limitrophe certains postes à plus faible salaire sont comblés, par défaut, par des anglophones unilingues.  Un phénomène semblable se produit dans la zone très francophone plus près de Montréal : il est parfois difficile d’attirer des cadres de langue maternelle française qui maîtrisent l’anglais. 

Formation de la main-d’œuvre 

La formation et le perfectionnement professionnels sont des éléments importants pour les industries et les entreprises de la région de Prescott-Russell.  D’une part, la formation académique est nécessaire pour accéder à plusieurs emplois.  D’autre part, les mises à jour et la formation continue sont essentielles.  Néanmoins, les employeurs de la région accordent aussi une très grande importance à l’expérience pratique.  On ne peut pas dire que le perfectionnement fait partie des mœurs des employeurs, ni des employés, du moins pas au point de rentabiliser l’offre d’une gamme de cours d’éducation permanente dans la région.

Certaines entreprises et organismes font exception et offrent une formation pour leurs employés.  Ceci s’applique notamment dans des domaines de changement rapide comme l’utilisation des technologies. 

Au sein de la région, les opportunités de formation aux adultes sont limitées.  La Cité collégiale d’Ottawa a un petit campus à Hawkesbury et l’Université de Guelph a un petit collège agricole, le Campus d’Alfred.  Il y a deux centres d’alphabétisation et une école secondaire pour adultes.  Les conseils scolaires offrent quelques cours en éducation permanente, notamment en technologie de l’informatique et en bureautique.  Ils peuvent aussi offrir des formations de pointe pour un marché ciblé, comme les aides aux enseignants dans les nouveaux centres de la petite enfance. 

Certains partenariats ont été mis en place dans le but d’offrir une formation à la main-d’œuvre.  Par exemple, l’Union des cultivateurs franco-ontariens collabore avec le Campus d’Alfred de l'Université de Guelph, pour former les gens en réparation d’équipements agricoles et en marketing.  Les Comtés-unis de Prescott-Russell offrent un cours de service à la clientèle, adapté au tourisme.  La Société de développement communautaire de Prescott-Russell organise un cours de gestion d’organismes communautaires et à but non-lucratif.  La Commission de formation de l’Est ontarien offre l’une des rares formations en ligne, sur l’utilisation du courriel et de l’Internet dans la promotion d’une entreprise. 

Néanmoins, il existe toujours des besoins de formation dans plusieurs domaines. La région fait face à une carence importante de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers.  En outre, les postes exigeant une capacité élevée en communication et en service à la clientèle, en particulier dans les secteurs du tourisme, du commerce au détail et les centres d’appel, sont difficiles à combler.  La formation en anglais langue seconde et en français langue seconde, selon le cas, est nécessaire. L’agriculture pratiquée dans la région s’adapte constamment à l’évolution des meilleures pratiques, nécessitant une main-d’œuvre spécialement formée.  Le secteur des ventes et des PME aurait besoin d’une grappe de spécialistes en marketing, graphisme et préparation de plans d’affaires. Enfin, certaines formations dans le domaine de la technologie sont aussi nécessaires. L’Internet à haute vitesse n’est pas encore disponible sur l’ensemble du territoire.  Par conséquent, les petites entreprises dans les villages et les zones rurales sont peu « branchées » et auraient besoin de formation de base en informatique, suivi de formation en systèmes de gestion informatisés et de formation de techniciens de soutien. 

Les institutions locales suivantes offrent de la formation en français aux adultes : 

  • La Cité Collégiale, campus de Hawkesbury
  • Le Campus d’Alfred de l'Université de Guelph
  • Les centres d’alphabétisation « CAP » de Hawkesbury et « Moi, j’apprends » de Rockland
  • Le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien

Voici quelques organismes qui offrent des opportunités ponctuelles de formation aux adultes en français, adaptées à leurs clientèles respectives : 

  • Femmes d’affaires et développement économique rural (FADER)
  • L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO)
  • Les Comtés-unis de Prescott-Russell (CUPR), Service de développement économique
  • L’Institut Valor des Services aux enfants et adultes de Prescott-Russell (SAEPR),
  • La Société de développement communautaire de Prescott-Russell (SDCPR)
  • Le Conseil de la Coopération de l’Ontario (CCO)

En outre, le centre-ville d’Ottawa est à moins d’une heure de route de la limite ouest de Prescott-Russell.  On y retrouve deux universités bilingues (l’Université d’Ottawa et l’Université St-Paul), le campus principal de La Cité collégiale et deux conseils scolaires de langue française.

Le centre-ville de Montréal, à environ une heure de route de la limite est de Prescott-Russell, fournit une gamme très complète de formation en français.

Services aux entreprises

Plusieurs organismes et agences offrent des services aux entreprises, entre autres, des services d’aide au démarrage, d’élaboration de plans d’affaires, de conseils et ressources en gestion, d’aiguillage et de financement.  Cependant, il semble que plusieurs de ces services ne sont pas utilisés à leur plein potentiel, soit en raison d’un manque de connaissances des services disponibles dans le milieu d’affaires ou d’un manque de coordination et de référence entre les différents acteurs. 

Voici la liste des principaux services aux entreprises dans Prescott-Russell :  

  • La Société de développement communautaire de Prescott-Russell (SDCPR)
  • Le Bureau d’aide aux nouvelles entreprises de Prescott-Russell (BANE)
  • La Cité des affaires de La Cité collégiale (à Hawkesbury et à Ottawa)
  • Le Ministère des Ressources humaines et Développement des Compétences Canada (RHDCC), bureau de Hawkesbury
  • Les services de Développement rural et économique du Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAARO), bureau de Maxville
  • Le Centre d'encadrement des petits entrepreneurs du Ministère du Développement économique et du Commerce de l’Ontario (MDEC), bureaux à Hawkesbury et Rockland
  • La douzaine de chambres de commerce et de regroupements de développement économique et de tourisme sur le territoire
  • Les services de Développement et de Tourisme des Comtés-unis de Prescott & Russell (CUPR)
  • L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) et le Groupement de gestion agricole
  • Le Conseil de la Coopération de l’Ontario (CCO).
  • Hawkesbury, étant le principal pôle industriel et aux portes du Québec, est doté de services additionnels :
  • La Société de développement commercial et touristique de Hawkesbury (SDECH)
  • L’Association d’investissement industriel de Hawkesbury.

Priorités d'actions

Globalement, l’économie de base dans la région de Prescott-Russell est stable, avec une croissance rapide de la population travaillant à Ottawa dans la partie ouest, qui génère des retombées économiques locales intéressantes dans la construction et le commerce au détail.  Le potentiel de profiter davantage de la proximité d’Ottawa, ou de Montréal, en devenant un bassin de fournisseurs de biens et services à valeur ajoutée, n’a pas progressé autant que la population dortoir.  En effet, une diversification serait bénéfique à la santé économique de la région.  Un bon exemple provient des efforts sérieux en cours pour développer le tourisme.

Voici les défis dans les domaines suivants :

  • Économie du savoir – l’accès à un service Internet de haute vitesse est en constante progression, mais ne rejoint pas encore plusieurs villages et zones rurales.  Ottawa est un centre international de l’économie du savoir qui attire des milliers de diplômés de la région, mais il n’y a pratiquement pas d’emplois locaux. 

  • Tourisme – Il y a des développements importants dans ce secteur depuis cinq ans.  L’Écho d’un peuple, unspectacle d’été à grand déploiement avec plus de 2 000 personnages portant sur quatre siècles de culture française en Ontario, est en voie de devenir le premier évènement touristique de marque.  Un sentier récréatif de 72 km a été ouvert, pour accommoder les cyclistes, randonneurs, coureurs et même les motoneigistes pendant l'hiver.  Enfin, le Regroupement touristique de Prescott-Russell est en progression (expansion?).  Le défi de ce secteur est de recruter une main-d’œuvre formée, et le fait qu’il y a encore trop peu d’infrastructures (hébergement ou attraits touristiques). 

  • Intégration des jeunes en affaires – L’exode des jeunes se fait ressentir dans la partie est de la région.  Partout sur le territoire, il serait important d’encourager les jeunes à demeurer, à revenir après leur formation, ou à démarrer une entreprise.  La création d’opportunités de stages d’emplois en milieu rural pourrait être avantageux.  L’Union des cultivateurs franco-ontariens s’occupe du secteur agricole par une formation sur le transfert des fermes et autres entreprises familiales à la génération montante.  La mise sur pied proposée d’une Maison familiale rurale, contribuera à former des jeunes pouvant travailler dans les entreprises agricoles ou dans des métiers connexes.

  • La diversification du secteur agricole – L’activité agricole demeure nettement axée sur la production première.  Or, les études conviennent que la valeur ajoutée provient de la diversification, de la transformation, ou de la vente aux consommateurs.  En attendant, la  longue période de déclin des revenus nets continue.

  • L’accroissement de la main-d’œuvre qualifiée – La formation est un besoin prioritaire dans la région.  Mais son coût n’a pas été intégré dans les budgets d’opération de la majorité des employeurs pour créer une demande, de sorte qu’il est difficile pour les organismes et institutions de rentabiliser l’offre.  La promotion de la formation tout au long de la vie est un effort de longue haleine. 

  • L’accroissement du développement économique en général – On note l’absence de mécanisme formel de concertation des principaux acteurs en développement économique.  D’ailleurs, il n’y a pas de vision commune ni de plan stratégique d’ensemble.  Des progrès en tourisme sont apparents depuis que les intervenants se sont concertés.  Le secteur agricole est bien desservi par les pivots que sont l’Union des cultivateurs franco-ontariens et le Campus d’Alfred de l’Université de Guelph.  Le regroupement récent des chambres de commerce est prometteur.  Les intervenants qui ont des mandats en formation de la main-d’œuvre, appuis à l’employabilité et développement économique doivent conjuguer leurs efforts pour façonner le développement régional. 

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